Septième Épisode

Explication de l'incident.

Hélène prend sa tasse de café, va devant le téléviseur et le met en marche tout en se laissant choir sur le divan.

 

-Viens t'asseoir près de moi, Sindy.

 

Lentement, elle se dirige vers le divan et s'installe près d'Hélène. Les deux femmes regardent la télé sans dire un mot, tout en dégustant leur café à petites gorgées. Puis, Sindy dit :

 

-Tu sembles épuisée!

 

-Tu as raison. Je n'en peux plus.

 

En même temps, elle éclate en sanglots.

 

-Je ne sais pas si j'aurai la force de passer au travers de cette épreuve. Bon sang, tout va tellement vite!

 

-Pleures, cela te soulageras . Il m'arrive souvent d'être irritable pour des riens et je pleure souvent. Après je me sens mieux.

 

Surprise, elle se retourne vers son amie.

 

-Cela t'arrive toi aussi? Tu as tellement l'air d'être sans problèmes.

 

-Comme tu le dis, je donne l'impression d'être toujours joyeuse, mais j'ai moi aussi mes ennuis.

 

-Ce doit être sérieux, puisque tu ne m'en as jamais parlé.

 

-Un jour, peut-être que tu sauras tout. A ce moment-là, tu m'en voudras peut-être de ne pas t'en avoir parlé.

 

Leur conversation est interrompue par le timbre de la porte.

 

-C'est sans doute Jack.

 

Méfiante, Hélène se dirige lentement vers la porte. Elle tire le rideau et aperçoit Jack. Soulagée, elle pousse un soupir et l'invite à entrer.

 

-Je suis contente de vous revoir.

 

Il sourit, puis entre lentement.

 

-Est-ce que je vous sert un café?

 

-Bien sûr. D'ailleurs il y a longtemps depuis le dernier.

 

Il prend place sur le divan pendant qu'Hélène lui en verse un.

 

-Donc, vous avez quelque chose d'important à me dire.

 

Hélène lui raconte ce qui s'est passé au courant de l'après-midi. Jack n'a pas le temps de placer un mot, qu'elle lui demande où étaient les gardes du corps. Calmement, tout en savourant son café, il lui répond :

 

-Je vous ai assuré une protection et je vous jure que vous êtes suivie partout où vous allez. Les gardes ont vu ce qui s'était passé et ne se sont pas manifestés pour ne pas être vus.

 

Jack la rassure lorsqu'il lui décrit les détails qu'elle avait oubliés de lui mentionner. De plus, il lui confirme que Paul n'était pas le conducteur.

 

-Mais comment le savez-vous?

 

-Nous avons également deux détectives qui le suivent partout. D'ailleurs, Paul n'était pas dans la région aujourd'hui.

 

Hélène semble soulagée de l'apprendre.

 

-Mais qui donc m'a fait cela? Vous savez, il a manqué de me tuer!

 

-Cet incident n'était pas intentionnel. Nous avons interrogé le conducteur qui nous a dit que lorsqu'il s'est rendu compte qu'il ne vous avait pas blessées, il a continué son chemin. Vous ne le croirez sans doute pas mais il venait d'apprendre que son épouse était entrain d'accoucher. Il ne voulait absolument pas manquer cet événement. D'autre part, il nous a prié de vous transmettre ses excuses.

 

Contente d'apprendre qu'elle n'y était pour rien, Hélène se sent soulagée tout en comprenant la situation.

 

-Bon, je n'ai plus à m'inquiéter car je réalise maintenant que vous êtes au courant de mes allées et venues. Mais avez-vous une piste concernant l'attentat contre mon mari?

 

-Non, pas encore. Mais à chaque jour, nous découvrons des indices. Je pense que cela prendra du temps, mais nous trouverons le ou la coupable.

 

-J'ai tellement hâte que cette histoire soit classée, car je vis vraiment un cauchemar.

 

-Je comprends très bien. Soyez tranquille, vous êtes bien protégée. Si jamais quelqu'un vous incommode, il ne pourra pas aller bien loin. Bon, il faut que je me sauve si je veux que cette enquête avance.

 

En sortant, il les salue et referme lentement la porte. Quelques secondes plus tard, elles entendent la voiture démarrer et s'éloigner. Hélène vient rejoindre Sindy toujours assise à sa place.

 

-J'ai l'impression que nous avons eu peur pour rien. Qu'en penses-tu?

-En effet, je crois qu'il va falloir lui faire confiance.

 

Il est déjà vingt heures et ses parents ne sont pas encore arrivés. Hélène se demande ce qui se passe. D'habitude, ses parents demeurent à la maison après le souper et s'ils leur arrivent de ne pas pouvoir rentrer, ils téléphonent toujours. Sindy, aimerait bien retourner chez-elle, d'autant plus qu'elles doivent se lever tôt pour faire de l'équitation. Mais Hélène, ne se sent pas en sécurité toute seule et aimerait bien que Sindy reste jusqu'à l'arrivée de ses parents. Elle lui demande de rester et Sindy accepte. Afin de se changer les idées, elles entreprennent donc la conversation.

 

-Penses-tu être prête pour la Coupe Melbourne? demande Sindy.

 

La Coupe Melbourne est une activité annuelle qui a lieu le deuxième mardi du mois de novembre. C'est une fête grandiose et tous les gens sont en congé pour cette journée nationale.

 

-Je ne le sais vraiment pas. Tout dépendra de Pierre. Même s'il me reste encore trois mois pour pratiquer, déjà je me sens très confiante. Cette année, si je participe, j'ai l'impression que je gagnerai la coupe car on y retrouve des courses de chevaux ainsi que des compétitions d'adresse. Jusqu'à présent, j'ai gagné toutes les autres positions, sauf la première. Cette année, je devrais la gagner. De toute façon, c'est cette année ou jamais, car nous voulons avoir des enfants et je n'aurai plus tellement le temps pour les compétitions.

 

-Même si sa guérison est lente, il ne t'empêcheras jamais de pratiquer. Tu le connais, il aime beaucoup trop la gloire.

 

-C'est vrai. il tient tellement à ce que j'obtienne la première position.

 

-Toi Sindy, est-ce que tu pratiques encore le tir au pistolet? Ça fait un bout de temps que tu ne m'en as pas parlé.

 

-Eh bien, je m'intéresse toujours au tir de précision, mais il y a environ six mois que je n'ai pas fait de compétitions. Dernièrement, je pratique surtout le gros calibre. Je pense sérieusement à m'y remettre. D'ailleurs, il y a un tournoi en septembre prochain en France et je prévois m'y inscrire. En même temps, j'ai l'intention de prendre quelques mois pour visiter l'Europe.

 

-Comme tu es chanceuse. Moi aussi j'espère pouvoir visiter la France un jour.

 

Leur conversation est interrompue par la sonnerie du téléphone. Immédiatement, Hélène va répondre.

 

-Hélène.. c'est toi?

 

-Oui, c'est moi répond-t-elle soulagée. Mais où êtes-vous?

 

-Nous avons décidé de coucher dans un motel ce soir. Nous serons de retour pour le dîner demain.

 

-Bon d'accord, amusez-vous bien.

 

-Ne t'en fais pas, tu connais ton père....

 

Au même moment, elle éclate de rire et dit :

 

-Nous, nous reverrons demain.

 

-C'était ta mère? demande Sindy.

 

-Oui c'était elle.

 

-Mais que ce passe-t-il? Tu sembles déçue.

 

-Non ce n'est rien, ils ont tout simplement décidé de ne pas rentrer à la maison ce soir.

 

-Je pense bien qu'ils vont en profiter comme deux jeunes mariés.

 

-Je n'en doute pas, mais je ne suis pas à l'aise de coucher ici toute seule.

 

-Je te comprends, réplique Sindy, je vais rester avec toi.

 

Contente, Hélène la regarde et lui dit :

 

-Tu ferais cela?

 

-Certainement, qu'est-ce que je ne ferais pas pour toi?

 

-C'est vrai, dit Hélène, j'ai toujours pu compter sur toi.


Suite la semaine prochaine
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