Le diagnostic
Pendant toute
la journée, Pierre s'éveille et se rendort. Ce n'est que le soir venu qu'il
s'aperçoit que ses jambes ne bougent plus. Le médecin vient l'examiner et il
remarque, en effet, que ses jambes sont temporairement paralysées. Heureusement
qu'Hélène est déjà rendu chez-elle, car cela l'aurait inquiété. Malgré la
douleur, Pierre réussit quand même à bien dormir. En arrivant chez-elle, Hélène
contacte Jack et lui explique ce qui lui est arrivé aujourd'hui. Il veut tout
savoir dans les plus petits détails et lui demande de la rencontrer le
lendemain matin.
Ils se
donnent rendez-vous pour le petit déjeuner. Déjà Hélène se sent plus rassurée,
pensant être sur une très bonne piste. Des frissons lui traversent le corps
lorsqu'elle pense que l'assassin voulait peut-être la tuer. Réalisant qu'elle
est assise devant la fenêtre, elle se lève subitement et va s'asseoir ailleurs
en prenant bien soin que personne ne puisse la voir de l’extérieur. Sindy,
remarque son affolement et lui demande :
-Que fais-tu
là?
-Rien...
rien... J'ai décidé de m'éloigner de la fenêtre, réplique-t-elle.
-Qu'est-ce
que cela peut bien faire même si tu demeurais assise là? Voyons Hélène, ne
devient pas paranoïaque. Jack t'a assuré une protection.
Elle vient de
réaliser que les paroles de Jack l’ont marqué plus qu’elle ne le pensait Et
d’une voix tremblante dit :
-Je le sais,
mais c'est plus fort que moi. J’ai la trouille!
Leur
conversation est interrompue par l'arrivée de ses parents; ce qui la rassure.
Ils sont à peine entrés, qu’Hélène se
précipite vers eux, se sentant réassurée.
Elle aurait voulu leur montrer qu’elle était contente, qu’elle
n’aurait pas pu faire mieux. Elle, faillit renverser sa mère, en se projetant
dans ses bras.
-Pierre est sortie du coma. J'ai réussi à lui parler. Il ressentait de
la douleur, mais tout semble bien aller maintenant.
Tout en essayant de reprendre son
équilibre, dit :
-Comme je suis contente pour toi! lui
confit sa mère. J'avais tellement peur que toute cette histoire tourne mal.
Hélène, qui n’avait cessé d’immaginer
tout son avenir désormait sombre, regardait ses parents un après l’autre.
-Je sais, moi aussi je pensais au
pire. Le médecin m'a expliqué que la balle s'était logée près d'une grande
artère. Selon lui, cela aurait pu être fatal si elle l'avait touché.
Heureusement, les risques sont maintenant écartés.
Elle voit le visage de ses parents,
devenir très souriant puis sa mère ajoute:
-Bon, voilà une bonne nouvelle!
En se dirigeant vers la cuisine, et
sachant très bien qu’il existe un froid entre elle et sa belle-mère,
demande :
-As-tu vu les Smith aujourd'hui?
Elle aurait envie de lui répondre qu'elle ne les avait pas vu et qu’elle en
était contente, mais au lieu, tout en se mordillant les lèvres et poliment dit:
-Non papa, mais ils ont téléphoné
souvent. Monsieur et Madame Smith avaient une réunion qui était déjà planifiée
depuis plusieurs mois. Il semble qu'il leur était impossible de l'annuler. De
toute façon, même s'ils avaient passé la journée à l'hôpital, ils n'auraient
rien pu faire de plus.
-Je comprends, dit Madame Forest, mais
quand même... Pierre est leur fils.
Sentant une collère monter en elle,
tout en continuant de se mordiller la lèvre inférieure, ajoute :
-Je pense que nous devrions changer de
sujet,d'accord? Réplique Hélène.
Elle raconte à ses parents tout ce qui
s'est passé durant la journée. La visite de Paul attisa la conversation pour le
reste de la soirée.
Le lendemain matin, comme prévu,
Hélène va rejoindre Jack pour le petit déjeuner. Elle lui raconte tout sur Paul
n'oubliant pas de lui préciser ses paroles lorsqu'ils s'étaient séparés. Pour
sa part, Jack prend des notes.
Il écrit en gros caractère:
« Personne ne t’auras tant et
aussi longtemps que je viverai! »
Cela, semble faire aucun doute que ce
puisse être une piste très sérieuse, malgré qu’il ne veut absolument pas
écarter l’hypothèse que ce soit un professionnel qui ait tiré sur Pierre.
Aussitôt après la rencontre, Hélène
repart voir son mari à l'hôpital. Il est déjà réveillé et content de la revoir.
En s’approchant de lui et l’embrassant
tendrement sur la joue dit :
-Bonjour chéri, Tu es ravissant ce
matin. As-tu passé une bonne nuit?
Voyant sa douce et jeune épouse en
pleine forme et lui qui ne peut plus bouger ses jambes, cherche à lui cacher cette
mauvaise nouvelle. Après un grand effort dit :
-J'ai dormi presque toute la nuit.
Pierre continue à faire de grands
efforts pour lui cacher ses émotions, mais il ne peut se retenir bien
longtemps. Il fond en larmes et se retourne pour se cacher. Très inquiète et
surprise de le voir ainsi, elle lui demande :
-Mais Pierre, que ce passe-t-il?
Il essaie de parler, mais ses peurs
étouffent ses paroles. Elle est si émue de le voir ainsi, qu'elle pleure
également. Hélène s'approche et lui donne un tendre baiser comme si cela allait
le calmer.
Surprise et ne sachant pas pourquoi
il réagissait ainsi, en baffouillant dit:
-Ne pleures pas, mon chéri. Tout ira
mieux.
Tout en chuchotant, Pierre lui
dit :
-Je suis un homme fini. Je ne peux
plus bouger mes jambes. Je suis paralysé! Plus jamais je ne pourrai marcher.
-Je comprends maintenant pourquoi tu
es si bouleversé. As-tu vu le médecin?
-Oui
Puis un silence et il redit :
-Oui il est venu hier après ton
départ.
N’en croyant pas ses oreilles, Hélène
poursuit l’intérogation, quoi qu’elle aurait préférée ne jamais devoir à faire
dcela!
-Mais... mais, que t'a-t-il dit?
Elle voyait que son visage était
crispé et très triste.
-Rien, il a tout simplement constaté
que je ne pouvais plus bouger mes jambes.
-T'a-t-il dit si tu seras longtemps
dans cet état?
Non, ajoute-t-il, la seule chose qu'il
m'a dit, c'est que cela est assez fréquent.
Découragé, il poursuit en disant que
sa carrière est fichue, puis ajoute :
-Tu as marié un handicapé... même pas
capable de combler tes besoins sexuels.
Hélène se redresse et d'une voix
autoritaire, lui répond :
-Pierre, je t'ai marié pour le
meilleur et pour le pire! Même si tu devais demeurer dans cette condition, cela
ne changerait rien entre nous. Je comprends que tu sois bouleversé, mais nous
devrions attendre le diagnostic du médecin avant de discuter de ce sujet.
Pierre se calme, mais demeure triste.
Hélène se rend vite compte qu'il ne l'acceptera jamais. Il est trop
orgueilleux! Elle voudrait le secouer et même de le traiter d'égoïste, mais se
retient. Plutôt que de l'engueuler, elle se penche et l'embrasse. Elle laisse
quelque temps sa tête sur son épaule, puis dit :
-J'ai tellement eu peur de te perdre,
que même si tu ne pouvais plus jamais marcher, je serais contente de vivre à
tes côté.
Ses yeux se remplissent de larmes.
Pierre la regarde et comprend qu'il est égoïste.
-Ne pleures pas chérie. Tu sais, je m'en
sortirai. Je sais très bien que je le peux. J'avais tellement hâte que tu
deviennes ma femme.
-Pourquoi cela m'est-il arrivé?
Émue, elle le regarde sans pouvoir
répondre. Après s'être calmé, il lui demande :
-Que s'est-il vraiment passé? Je sais
que nous n'avons pas eu d'accident de voiture. Dis-moi la vérité. Ne t'inquiète
pas, je peux le prendre.
-D'accord, tu as le droit de savoir.
De toute façon, tu finiras par l'apprendre un jour ou l'autre. Eh bien,
tu as été atteint par un projectile. Quelqu'un nous a tiré dessus.
-Mais qu'est-ce que tu veux dire par
cela? Penses-tu que tu étais ciblée aussi?
-Personne ne le sait encore, mais tout
est possible.
-Est-ce qu'ils ont trouvé celui qui a
tiré?
-Non, pas encore. Un détective nommé
Jack suit cette affaire de près. Il a déjà plusieurs indices.
-Vraiment? rétorque Pierre.
-Du moins, c'est ce qu'il m'a dit.
Soudain, une infirmière vient
interrompre la conversation.
-Monsieur Smith, il y a un détective
qui demande à vous voir. Vous sentez-vous assez bien pour le rencontrer?
-Bien sûr, je me sens en pleine forme.
Vous pouvez le faire entrer.
Hélène est contente de cette visite,
car elle peut en profiter pour aller rejoindre Sindy et se défouler. Elle ne
voulait pas donner l'impression à Pierre qu'elle est très bouleversée. En
réalité, elle a envie de crier pour laisser sortir sa peine. Jack entre. En la
voyant, il constate que la situation est pénible. Il lui fait un signe de tête,
comme s'il comprend ce qui se passe, puis se dirige vers Pierre.
-Bonjour, je m'appelle Jack. Je
présume que vous savez qui je suis et que vous êtes au courant de ce qui s'est
passé.
-Justement, je viens de l'apprendre.
Il prend une chaise, puis la dépose
près du lit.
-J'aimerais vous poser quelques questions
si vous me permettez.
-Oui, oui allez-y.
Jack lui pose les questions de
routine, mais il n'y a rien qu'il ne sache pas déjà.
Pierre insiste sur le fait qu'il
défendait une cause très difficile, ce qui lui paraît être relié. Pourtant,
Jack n'est pas aussi convaincu. La conversation dure environ une demi-heure,
puis Jack le remercie avant de quitter la chambre. Seul, Pierre demeure
songeur. Pour un instant, il oublie sa condition. L'arrivée du médecin le
ramène à la réalité.
-Bonjour, comment est notre patient ce
matin?
Il remarque un regard attristé.
Comme cela fait plusieurs années que le
médecin pratique cette profession, il a déjà rencontré des cas similaires et sait ce dont Pierre
peut penser.
-Vous avez peur de rester paralysé?
Bon, regardons ça de plus prêt.
Il commence à lui sonder les jambes.
Lorsqu'il arrive au pied, Pierre sent les doigts du médecin.
-Docteur... docteur! Je sens vos
doigts sur mon pied!
-Ici? demande le médecin.
-Oui, Juste là.
Très content de cette réaction, il continue :
-Bien, très bien, maintenant,
examinons l'autre jambe.
Il l'ausculte lentement tout en
descendant vers le genou. Pierre ressent une douleur. Il frappe juste en dessous
du genou et la jambe bouge.
-C'est magnifique, dans quelques
semaines, je pense que vous pourrez marcher seul.
Son expression en dit long. Ses yeux
redeviennent brillants. Puis apparaît un sourire éclatant sur son visage.
-Vous êtes certain?
-J'en suis très convaincu!
Pierre fait un geste pour se lever,
mais seul le haut de son corps bouge.
-Pas si vite, dit le médecin. Laissons
à cette chirurgie le temps de guérir avant de faire des efforts.
Pierre ne semble vraiment pas peiné, même
si il n’a pas réussi à se lever :
-Du moment que je sais que je
remarcherai, je suis prêt à attendre le temps qu'il faudra.
Le médecin lui souhaite de passer une
bonne journée. En quittant la chambre, il lui dit :
-Je vais aviser votre épouse que vous
avez une bonne nouvelle à lui annoncer.
Hélène se précipite vers lui. Elle le
regarde et il semble aussi triste qu'avant la visite du médecin. Elle est
déçue, car il lui avait dit que son mari avait une bonne nouvelle. Elle s'était
imaginée qu'il ne resterait pas paralysé. Pierre qui s'efforce de garder son
sérieux, réussit très bien son jeu. Hélène s'approche lentement de lui.
-Le médecin m'a dit que tu voulais me
parler.
-Oui c'est vrais, répond Pierre tout
en gardant son air sérieux.
-Tu sais, le médecin...
Hélène ne le laisse pas finir et dit :
-Peu importe ce qui t'arrive, je
t'aime et je vais prendre soin de toi.
Mais Pierre reprend et encore une
fois, elle lui coupe la parole en disant :
-Chut... chut. Je comprends comment tu
te sens en ce moment. Ne t'en fais pas, je vais rester à ton chevet.
Pierre n'en peut plus. Il éclate de
rire. Très surprise, Hélène ne comprenant plus rien, se met à rire aussi.
-Mais peux-tu me dire ce qui se passe?
-Si tu me laisses parler, je pourrai te
l'expliquer.
-D'accord, vas-y. Je t'écoute.
-Tu sais chérie, je vais marcher dans
quelques semaines. Je commence à ressentir de la douleur dans mes jambes. Cela
veut dire, que je ne resterai pas paralysé.
Elle oublie, que quelques minutes avant,
elle ne voulait pas le toucher de peur de lui faire mal et sans y penser:
Hélène l'enlace et l'embrasse passionnément
tout en pleurant de joie.
-Bon sang! Comme tu es belle lorsque
tu pleures.
-Je suis tellement contente pour toi.
Comme j'ai eu peur!
Ils demeurent tous deux, main dans la
main et ne pensent à personne d'autre qu'à eux. Hélène planifie déjà le retour
de son mari à la maison quand soudain, elle revient à la réalité.
-Bon sang! Il faut annoncer cette
nouvelle aux autres. Veux-tu avertir tes parents toi-même?
-Si tu le veux chérie, fais-le à ma
place. Je commence à ressentir de la douleur et j'aimerais dormir un peu.
-D'accord, reposes-toi. Moi, je
m'occupe de faire circuler la bonne nouvelle.
Hélène l'embrasse et va rejoindre
Sindy. Elle est tellement contente qu'elle semble voler et lui saute au cou.
-Tu sais, Pierre va remarcher!
Surprise, Sindy ne réagit pas.
-Mais qu'est-ce que tu as? cela ne te
fait pas plaisir?
-Certainement, Mais c'est sans doute
le choc.
Sans plus tarder, elle cherche un
téléphone pour annoncer la nouvelle à tout le monde.
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