La vérité
Paul s'installe dans un petit café
devant la porte d'entrée du bureau de Pierre. Il observe les allées et venues
de tous les gens. Il veut savoir, si la personne qu'il a vue au restaurant
serait dans les parages. Il est près de midi et il n'a toujours pas aperçu
cette femme. "Après tout, pense-t-il, nous faisons peut-être fausse route.
Il y a plusieurs coïncidences, mais nous ne sommes certains de rien". Tout
en regardant vers la fenêtre, il cherche à comprendre le motif de toute cette
histoire. Il lui est impossible de percer le mystère.
Sindy elle, a décidé de rester à
l'appartement, de peur de se faire reconnaître. De son côté, elle cherche à
comprendre le motif. Finalement, elle se souvient que son père avait été mineur
et que Monsieur Forest était le gérant de cette mine. "Il y a peut-être
quelque chose qu'il sait, mais à la quelle il ne porte aucune attention".
Il y a fort longtemps, qu'il ne travaille plus dans les mines.
Elle aimerait le rencontrer pour en
discuter, mais elle a peur qu'il ait des doutes. Il serait inquiet de sa fille.
Elle se demande si elle doit lui téléphoner ou non. Finalement, elle se décide
et téléphone chez les Forest. C'est lui-même qui répond.
-Bonjour dit-elle, c'est Sindy.
-Mais où es-tu?
Elle lui explique le pourquoi de son
appel tout en lui demandant de venir la rencontrer seul à l'appartement de
Paul. Malgré qu'il trouve cela étrange, il décide d'y aller.
Toujours au restaurant, Paul commence
à s'impatienter. Il a déjà lu tous les journaux et les propriétaires du
restaurant trouvent cela bizarre de le voir toujours assis et surveillant au
travers la fenêtre.
Soudain, il aperçoit Pierre sortir de
son bureau accompagné d'une femme. Il n'en croit pas ses yeux. "Mais c'est
elle que j'ai vu au restaurant". Le couple se dirige vers la voiture et disparaît.
Satisfait de ce qu'il a vu, il n'y a
plus de doute, il y a des choses qui se passent. "ce parfum qu'Hélène a
humé chez-elle, ainsi que dans la voiture de Pierre". Le scénario se
concrétise. Il décide de retourner chez-lui. Il ne s'est pas rendu compte, que
Jack était présent dans le restaurant. Il suit cette enquête de près.
Monsieur Forest est déjà avec Sindy.
Il est inquiet de constater, qu'elle est obligée de se cacher ainsi. Elle lui
explique la raison et lui demande s'il se souvient, de certains événements, qui
se seraient passés lorsqu'il travaillait dans les mines.
-Le seul événement qui me vient à
l'idée, c'était en 1956 que ton père et moi avons failli périr. Il y a de cela
bien longtemps.
-Mais que s'est-il passé?
Monsieur Forest lui raconte avec
émotion, ce qui s'était passé.
-Hélène n'avait qu'un an. D'ailleurs,
c'était le jour de son anniversaire. A ce moment, j'étais dans la trentaine et
déjà bien anti. Mon père m'avait légué tous ses chevaux ainsi que sa fortune.
J'aimais tellement travailler avec les employés. Un jour comme tous les autres,
je me rendis voir les travailleurs sous-terre. Je venais à peine de rejoindre
ton père et Monsieur Smith, qui travaillaient ensemble, lorsqu'une partie du
tunnel s'effondra. Nous sommes passés tout près de perde la vie. Nous étions
pris dans ce tunnel et il nous était impossible d'en sortir. Nous sommes restés
là pendant deux jours. A chaque heure, nous pensions que c'était la dernière.
Je me souviens maintenant, que ton père nous avait raconté comment il était
entré dans le pays illégalement. Je crois qu'il était certain de mourir, sinon
il ne se serait pas confié.
-Mais, ce Monsieur Smith, est-ce que
c'est le père de Pierre?
-Oui, ajoute-t-il.
-S'est-il passé autre chose?
-Nous avions de la difficulté à
respirer, car l'air se faisait de plus en plus rare. C'est à ce moment, que
nous, nous sommes livrés à des confessions. Je me souviens d'avoir dit, que mon
épouse et moi avions inscrit dans notre testament, qu'Hélène hériterait de la
moitié de ma fortune le jour de son mariage.
-Bon sang ajoute Sindy, le père de
Pierre lui a peut-être raconté tout cela!
-Peut-être bien, car il a eu un
problème d'alcoolisme pendant plusieurs années. Lorsqu'il buvait, il racontait
à tout le monde que j'étais riche. Pierre la sans doute entendu raconter cette
histoire à plusieurs reprises.
-Je crois que tout commence à
s'expliquer maintenant.
-Mais tu veux dire, que Pierre
l'aurait mariée uniquement pour son argent?
-Je n'en suis pas encore certaine,
mais plusieurs indices nous le laissent croire.
-Bon sang, Hélène est véritablement en
danger!
-Nous le savons, c'est pourquoi Paul
et moi monterons la garde chez-elle dès ce soir.
Au même moment, Paul fait son entrée.
En voyant monsieur Forest, il dit :
-J'ai l'impression que Sindy vous a
tout raconté.
-Oui et nous pensons que Pierre était
au courant, que je lui avais laissé une partie de ma fortune à leur mariage.
Surpris d’apprendre cela, il réalise
que les morceaux du casse-tête se
placent l’un après l’autre.
-Vous pouvez compter sur nous pour
éclaircir ce qui se passe. Dès ce soir, nous nous cacherons derrière la maison
et Sindy et moi observerons tout ce qui
se passe. Nous essayerons de le prendre dans son propre piège. Au fait, j'ai
rencontré Pierre en compagnie de la femme qu'Hélène a identifiée grâce au
parfum. Je crois que nous sommes sur la bonne piste.
Monsieur Forest les quitte donc et
demande d'être informé de tous les déroulements.
-Ne vous en faites pas, nous vous
tiendrons au courant au fur et à mesure que les événements se dérouleront.
Le soir venu, Sindy et Paul se rendent
discrètement à la demeure d'Hélène. Ils attendent la noirceur pour aller se
cacher en arrière de la maison, derrière des buissons. De cet endroit, ils
peuvent facilement observer l'intérieur ainsi que la porte de derrière. Ils
sont convaincus que personne ne viendra ce soir, mais ils ne prennent aucune
chance. Comme prévu, personne n'est venu dans les parages. Ils quittent la demeure
seulement vers deux heures.
Dès le matin, Paul téléphone Hélène
comme d'habitude. Sans être trop curieux, il lui demande si elle avait entendu
des voix la nuit dernière. Elle lui affirme que non. Paul en était convaincu et
raccroche en prétextant qu'il devait aller travailler.
Les deux détectives amateurs vont se
reposer en anticipant une nuit prochaine mouvementée. La nuit tombée, ils se
promettent d'être au poste. Il est 22heures 30, et ils sont tous deux cachés
derrière un buisson. soudain ils entendent des bruits de rames venant de la
rive. De plus en plus, le bruit semble se rapprocher. Finalement, ils
commencent à distinguer deux silhouettes qui se dirigent vers la maison.
Comme des habitués, ils marchent vers
le pot de fleurs près de l'entrée. Ils le soulèvent, pour en retirer une clé.
Ensuite, ils ouvrent la porte et pénètrent à l'intérieur. D'où ils se trouvent,
Paul et Sindy aperçoivent de l'agitation à l'intérieur.
Les intrus restent dans la maison
environ une heure, puis ressortent. Paul lui touche l'épaule puis lui murmure :
-Regarde ils sont trois!
-Tu as raison, dit Sindy.
Ils essaient de reconnaître la
troisième personne, puis Sindy l'identifie.
-Mais c'est Pierre!
Ils se dirigent tous vers le canot,
tout en prenant soin d'embrouiller leurs pistes.
Paul et Sindy sont vraiment affolés.
Convaincus qu'il est arrivé quelque chose à Hélène, ils se précipitent
silencieusement vers la maison. Les prochaines minutes leur paraissent
interminables et angoissantes. Ils courent vers la porte. Paul prend la clé
sous le pot de fleurs et ils entrent dans la maison. Les lumières sont éteintes
et Paul se dirige vers la chambre d'Hélène prenant bien soin de n'allumer
aucune lumière. Avec sa lampe de poche, il regarde dans la chambre d'Hélène,
mais elle n'y est pas. Hâtivement, il visite les autres chambres sans y trouver
personne. Finalement, Paul et Sindy se dirigent vers le bureau de Pierre. En
entrant, à la lumière de la lampe de poche, ils aperçoivent Hélène, encore
gémissante pendue au plafond.
-Aides-moi vite... Aides-moi à la
descendre de là!
Paul la soulève pendant que sa
complice enlève le drap au tour du cou. visiblement allongée par terre, Paul
commence à lui donner la respiration artificielle.
-Vas vite téléphoner la police et
l'ambulance! Je crois que nous sommes arrivés à temps.
Difficilement, Hélène commence à
respirer seule et à reprendre des couleurs, puis elle retrouve ses idées. En
quelques instants à peine, la police arrive suivie de l'ambulance. Ils lui
donnent les premiers soins avant de l'emmener à l'hôpital.
Paul et Sindy racontent à la police ce
qui s'était passé. Ils arrivent à la conclusion, que Pierre reviendra assez tôt
ce matin pour découvrir qu'Hélène s'est pendue. "Il veut s'assurer qu'elle
soit bien morte. Il racontera qu'il dormait et lorsqu'il s'est réveillé, son
épouse découragée, s'est suicidée".
-Beau travail! Lance Jack en entrant
dans la maison. Vous feriez de bons détectives.
-Il semble bien, que nous avons fait
le travail à votre place, ajoute Sindy qui présente Jack à Paul.
Les deux hommes se donne une poignée
de mains tout en hochant la tête, pendant que Jack répond à Sindy.
-Loin de là ma chère amie, depuis des
mois des agents surveillent vos allées et venues, ainsi que ceux de Pierre et
sa collègue. Puisque, vous sembliez vous être donné rendez-vous ici ce soir,
nous avons cru bon de demander des renforts. Ne vous en faites pas, le dénouement
de ce cauchemar est pour ce soir!
Paul et Sindy restent bouche bée.
Après en avoir terminé avec la police,
Paul et Sindy se rendent à l'hôpital pour rejoindre Hélène.
Arrivés à destination, Sindy téléphone
les Forest qui arrivent en quelques minutes. Hors de danger, Hélène est
visiblement sous le choc. Elle pleure sans cesse et ne peut pas croire à toute
cette histoire. Elle leur raconte avec difficulté en détail, les moments
précédant sa pendaison tout en portant une main à sa gorge douloureuse.
-Je savais que tu étais à l'extérieur.
Quand j'ai essayé de crier, ils m'ont fermé la bouche.
-Chut, chut, dit Paul, tout est fini
maintenant. La police est chez-vous et attende que Pierre revienne.
Le médecin lui a administré un sédatif
qui agit presque aussitôt. Doucement, elle sommeille et finit par s'endormir.
Chez Pierre, les policiers cachés à
l'intérieur de la maison, attendent patiemment son arrivé. Comme prévu, vers 5h
30, ils entendent le bruit d'une clé dans la serrure de la porte arrière.
Personne bouge. Pierre entre nonchalamment, allume la lumière et se dirige
directement vers le téléphone. Il compose un numéro et en prenant un ton
alarmant, il hurle :
-Police, police, venez vite! Mon
épouse s'est suicidée!
Il raccroche l'appareil et en se
tournant, fait face à Jack qui lui dit :
-Ce n'est pas la peine de nous
téléphoner, nous sommes déjà ici. J'ai une mauvaise nouvelle pour toi. Ton
épouse est vivante!
Pierre se retourne et se précipite
vers la sortie. Courant comme un désespéré, il saute dans sa voiture. Les
policiers n'ont pas le temps de l'arrêter. Il démarre à pleine vitesse dans un
nuage de poussière.
-Vite, trouvez-le!
La course s'engage. Pierre, en voulant
éviter une voiture venant en sens inverse, perd contrôle de son véhicule qui
aboutit au fond d'un ravin après quatre ou cinq tonneaux. Pierre décède dans
l'explosion de la masse de feraille.
Au même moment, d'autres policiers se
sont rendus chez sa secrétaire et ils procèdent à son arrestation. Les aveux de
l'attentat sont obtenus facilement de la secrétaire et de son mari. Ils avouent
leur participation dans la tentative pour tuer Hélène lors de son mariage. Ils
avaient également coupé la monture de son cheval. Pierre leur avait promis la
moitié de la part de l'héritage. Satisfait, Jack leur lance sur un ton moqueur :
-Vous, vous êtes lourdement trompés.
Même si vous aviez réussi votre coup, vous n'auriez pas eu un seul centime.
Pierre a toujours cru qu'il était le meilleur des avocats. Pourtant, il a
oublié un tout petit détail. Se doutant d'infidélité de son mari, Hélène avait
préparé son testament et elle léguait tout à ses deux enfants.
Stupéfaits, les deux complices se mirent à pleurer à chaudes larmes. Ils réalisent qu'ils
avaient ruiné leur existence à cause de la folie d'un homme.
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