Nouveau départ
Il est 15 heures et Hélène se retrouve
seule après le départ de sa mère. Elle décide de s'asseoir sur le balcon. Face
au chemin, à une quarantaine de mètres de la maison, elle entend les voitures
passer. La journée est resplendissante et Hélène peut humer le parfum des
fleurs provenant de leur jardin. Installée confortablement, elle se laisse
transporter dans des pensées particulièrement agréables. Paul domine ses
souvenirs. Elle se rappelle des meilleurs moments passés avec lui. Leur
première rencontre, remonte à plusieurs années déjà. Dès ce moment, ce fut le
coup de foudre. Elle venait de terminer une course à obstacles... Voilà qu'un
jeune homme d'environ 18 ans, très élégant et d'une stature imposante pour son
âge, s'approche d'elle.
-Bonjour lui avait-il dit. Je n'ai pas
pu m'empêcher de venir vous féliciter pour votre performance. Vous savez, même
si vous n'avez pas remporté cette épreuve, je suis certain que la prochaine
fois, vous la gagnerez.
Ce n'était que quelques semaines plus
tard, qu'elle l'avait revu. Ils s'étaient rencontrés dans une discothèque et il
était venu lui demander pour danser. Comme il dansait bien! Ce même soir, il
l'avait raccompagnée chez-elle. Même aujourd'hui, elle se souvient encore de la
tendresse de son baiser. Sa tête posée sur son épaule, elle se sentait en
sécurité. Il était plein d'attention à son égard. Nous passions de grandes
soirées assis côte à côte et il passait ses doigts dans mes cheveux. Comme
j'aimais cela! "S'il aurait osé, je pense que je me serais abandonnée à
lui". Malheureusement, il ne s'était jamais essayé. Pourtant, il aurait dû
sentir que je frémissais en sa présence. Lorsqu'il me regardait dans les yeux,
je n'avais plus de défense. Ses yeux, étaient tellement éblouissants.
D'ailleurs, ils le sont toujours. "S'il pouvait être plus entreprenant, je
pense qu'en ce moment, je ne refuserais pas ses avances". Il est tout près
de 16 heures et il terminera sa journée de travail sous peu. "J'ai le goût
de lui téléphoner afin de lui raconter ce que j'ai vécu hier. D'ailleurs, c'est
lui qui m'a dit de le contacter au besoin. Je crois que je lui téléphone"!
-Bonjour Paul, c'est Hélène. Je sais
que nous devons seulement nous rencontrer demain, mais j'ai vécu quelque chose
d'étrange hier et j'aimerais t'en parler.
-Veux-tu que je passe chez-toi immédiatement
après mon travail?
"S'il pouvait lire dans mes
pensées, il ne me poserait même pas cette question. Bien sûr que je veux que tu
viennes me voir".
-J'aimerais bien cela.
-Bon, j'y serai sans faute et nous
pourrons manger ensemble.
-C'est une très bonne idée.
En attendant son arrivée, Hélène prend
le temps de se faire une beauté. Heureusement, que sa mère l'avait aidée pour
identifier ses vêtements, sinon , elle ne pourrait pas choisir ce qui est de
convenance. Elle prend donc le soin de mettre une robe d'été et laisse ses
longs cheveux couvrir ses épaules. Il la trouvait tellement séduisante de cette
façon. Elle vient à peine de terminer de se préparer qu'il arrive. Hélène n'a
plus tellement envie de lui raconter ce qui lui était arrivé, mais c'est un bon
prétexte pour être en sa compagnie. Elle l'invite donc à entrer. Paul a pensé
d'apporter avec lui un repas préparé à l'avance.
-Bon, je crois que nous allons commencer
par manger. Ensuite, tu me raconteras ce qui t'es arrivé.
Hélène n'en demande pas plus. Cela
semble lui plaire.
-Cette arôme me dit, que je n'aurai
pas besoin de préparer le repas ce soir.
-J'ai pensé que cela nous donnerait
plus de temps pour discuter. J'espère que je ne t'ai pas froissé?
-Nullement! D'ailleurs, ça ne me
tentait pas de me préparer quelque chose.
-Bon, viens t'asseoir et je te servirai.
Leur souper se passe merveilleusement.
Hélène se revoit au temps de leur fréquentation. Il lui arrivait souvent de
venir la trouver avec du prêt-à-manger. Après avoir terminé le repas, Paul lui
demande de lui raconter ce qui n'allait pas. Hélène avait presque oublié. elle
lui raconte ce qui s'était passé. Paul trouve cela bizarre.
-Es-tu certaine de ne pas avoir prise
trop de médicaments?
-En effet, c'est la première chose que
j'ai vérifié en me levant.
-Tu dis que tu es allée consulter ton
médecin et selon lui, tout était normal.
-Il est convaincu qu'il n'y a aucune
séquelle dû à ma chute.
-Mais, es-tu certaine que c'était la
voix de Pierre, que tu as entendue?
-J'en suis certaine! Mais après, tout
devient confus.
-Je crois que tu es demeurée trop
longtemps enfermée dans la maison. Il faudrait absolument que tu sortes un peu.
Il n'y a pas de question, ce soir nous sortirons et nous irons danser.
Cette fois-ci, elle ne laissera pas
cette chance lui échapper. Elle le souhaite de tout coeur, tout de même elle
aime bien se faire prier.
-Mais Paul, tu oublies que je ne vois
plus.
-Je le sais, mais cela ne t'empêche
pas de danser. Te souviens-tu comme nous avions du plaisir lorsque nous allions
danser? C'était aussi notre première rencontre. L'as-tu déjà oubliée?
Non, elle ne l'a pas oubliée. Il y a
quelques semaines, qu'elle ne pense qu'à cela.
-Bien sur que non, répond timidement
Hélène.
-Donc ce soir, je t'emmène danser et
cela te changera les idées.
-Si tu insistes, j'accepte.
Elle en meurt d'envie, mais ne veut
pas le laisser paraître.
Il y a fort longtemps qu'elle n'a pas
passé une aussi belle soirée. Elle aimerait qu'elle ne se termine jamais. Il
est déjà 21heures et Paul aimerait également rester plus longtemps. Mais
demain, il doit travailler.
-Malheureusement, nous devons partir,
sinon je ne pourrai pas me rendre au travail demain.
-Tu as raison, d'autant plus que tu
dois venir chez-moi demain après-midi!
Ils quittent donc le bar et Paul la
prend par la main afin de la guider. Il s'aperçoit qu'Hélène frémit juste au
contact de sa main. Il la regarde dans les yeux tendrement.
-Tu sais, la flamme est toujours dans
tes yeux comme autrefois.
Hélène se laisse conduire et déjà ils
sont rendus chez-elle. "J'espère qu'elle va me proposer d'entrer prendre un
dernier verre". Il fait le tour de la voiture et vient lui ouvrir la
portière. Il lui prend encore la main et la conduit lentement à la porte
d'entrée. Hélène n'en peut plus de faire semblant. Elle se blottit contre lui :
-Je pense que j'ai trop dansé. J'ai
les jambes toutes faibles.
Paul insère la clé dans la serrure et
lui ouvre la porte.
-Veux-tu entrer prendre un dernier
verre?
"Voilà, je lui ai demandé".
pense-t-elle.
-D'accord, si ça ne te dérange pas.
"Au contraire, j'aimerais qu'il
ne reparte plus". Hélène prépare deux verres et revient s'asseoir près de
lui.
-Au fait Paul, tu ne t'es jamais fait
d'autres amies?
-Non, la seule personne que j'ai
aimé, c'est toi. Je n'ai jamais réussi à me décider à en fréquenter d'autres.
-Moi aussi, je crois que je n'ai
jamais cessé de t'aimer.
Elle laisse sa tête tomber sur son
épaule et Paul commence instinctivement à lui passer les doigts dans les
cheveux. Hélène aimait beaucoup ces caresses.
-Avec toi, c'était différent. Nous
passions des journées entières ensemble. Tu me disais rarement que tu m'aimais.
Pourtant, je le savais. Mais j'aurais aimé que tu me le dises de temps en
temps.
Elle se lève la tête pour lui faire
face et leurs lèvres se touchent. Ni l'un ni l'autre ne résiste et ils
s'enlacent dans un baiser prolongé. Tous les deux ne veulent plus que ce moment
se termine. Hélène prend Paul par la main et il se laisse guider jusqu'à la
chambre. Ils passent la plus belle nuit qu'ils n'ont jamais vécue l'un avec
l'autre.
Hélène se réveille et glisse sa main
sur le drap. Déçue, elle se rend compte que Paul n'est plus là. Elle ne prend
même pas le temps de s'habiller et descend vérifier s'il est parti. Un
délicieux arôme de café se dégage de la cuisine. Elle s'y dirige lentement pour
se rendre compte qu'il est là.
-Bonjour chérie, comment ça va ce
matin? As-tu bien dormi?
-J'ai dormi comme un ange sur un
nuage.
Elle se dirige vers lui, l'embrasse et
laisse sa tête se poser sur son épaule.
-Comme je suis contente que tu sois
encore ici! J'ai eu peur que tu sois parti.
Songeur, Paul a envie de lui dire que
cette relation ne peut pas durer, mais il voit qu'Hélène semble si heureuse
qu'il n'ose pas.
Hélène sent sa tristesse.
-Mais que se passe-til? Tu sembles
songeur. Regrettes-tu d'avoir fait l'amour avec moi?
-Bien sûr que non! J'aimerais
tellement que ça ne cesse jamais. Mais je dois déjà partir travailler.
-Moi aussi j'aimerais que cela dure
toujours.
Hélène est loin de la réalité. Elle ne
pense plus qu'à Paul. Soudain, elle s'éloigne d'un pas.
-Mais qu'y a-t-il?
-J'ai complètement oublié, que Nadia
vient tous les matins. Je vais lui demander de passer un peu plus tard. De
cette façon, nous aurons encore un peu de temps ensemble.…
Pendant les semaines qui suivent, ils
profitent de chaque moment possible pour vivre leur amour. Hélène rayonne de
joie et les absences de son mari sont maintenant désirées. Ensemble, ils font
de l'équitation et de la randonnée dans la forêt. En plus, de prendre des
marches, ils vont au restaurant régulièrement. Tout cela fait partie de la
réadaptation. Ils en profitent également pour combler leurs fantasmes.
Pierre remarque que son épouse est
très heureuse, mais il ne se doute de rien. Il est trop préoccupé par sa
carrière, d'autant plus qu'il sera nommé juge prochainement. Tout ce que son
épouse fait, le laisse indifférent. Maintenant, il n'ose même plus inviter ses
collègues chez-lui. Lorsqu'il assiste à des soirées, il explique l'absence de
son épouse du fait qu'elle est très fatiguée. Surtout, il leur dit qu'elle ne
doit subir aucun stress et que le fait de participer à des soirées la rend
nerveuse. Il ne veut surtout pas diminuer ses chances de recouvrer la vue. Par
le fait même, il passe pour un mari compréhensif. Pourtant, la vraie raison est
qu'il a honte du handicap de son épouse.
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