Rêve ou Réalité!
Il y a déjà quelques semaines que
Sindy est partie et Hélène n'a toujours pas reçu de nouvelle. Elle téléphone
donc Jack à son bureau. Contente d'entendre sa voix, elle lui demande s'il a
réussi à la retracer. Jack la rassure en lui disant qu'ils savent où elle
demeure, mais qu'il ne peut rien ajouter pour le moment.
-Je peux te confirmer, qu'elle n'est
pas en danger.
Il l'avise également, qu'il y a
toujours un de ses collègues qui la surveille. Le fait de savoir que Sindy
n'est pas en danger, la rassure. Elle le remercie de ces informations et
demande d'être avisée s'il y avait des changements.
Jusqu'à présent, Hélène a eu la chance
de relaxer. Malgré tout, elle ne remarque aucune amélioration. Elle ne perçoit
aucune ombre ni lumière. Plus les jours passent, plus elle se sent désespérée.
Jusqu'à présent, son mari a fait de grands efforts pour ne pas quitter la
maison. Aujourd'hui, comme à tous les jours, il vient dîner avec elle. Un peu
songeur, il lui annonce qu'il doit absolument partir pour trois jours. Il lui
demande si elle veut être accompagnée pendant son absence. Hélène, qui
s'arrange très bien seule, ne voit pas la nécessité d'avoir quelqu'un avec elle.
-Non, je préfère rester seule. Ne sois
pas inquiet. Je m'organiserai très bien.
-N'hésites pas à contacter ta mère si
quelque chose arrive. d'accord?
Hélène remarque qu'il est inquiet et
le rassure en disant qu'elle suivra son conseil. Il l'embrasse et lui donne le
numéro pour le rejoindre. "C'est curieux, pense-t-elle. Pierre part pour
trois jours et je suis contente". La seule idée qui lui vient, c'est la
visite de Paul cet après-midi. Elle sent son coeur battre la chamade. Elle se
souvient d'avoir déjà vécu cela. Cette fois, elle ne veut pas admettre qu'elle
est entrain de devenir en amour.
Immédiatement après le départ de son
mari, elle monte se changer de vêtements et se fait un brin de toilette. Elle prend bien
soin de s'arranger les cheveux comme Paul les aimait autrefois.
Comme prévu, Paul arrive à temps.
Cette rencontre est semblable aux autres. Il s'attarde à lui montrer des
nouvelles techniques. Ensuite, ils s'assoient et discutent. Elle en profite
pour lui dire que Pierre est parti pour trois jours.
-Tu t'ennuyeras toute seule. Veux-tu
que nous allions au bar ce soir, prendre un verre ou deux?
Hélène aimerait bien cela, mais lui
dit qu'elle a tellement à faire, qu'elle n'aura pas le temps de s'ennuyer. Il
continue à bavarder comme si, il était satisfait de cette réponse. Voyant qu'il
n'insiste pas, Hélène cache un certain désappointement. Il la quitte en lui
donnant rendez-vous dans deux jours. Elle aurait aimé qu'il insiste davantage
et meurt d'envie de le lui dire. Au contraire, elle dit tout simplement :
-C'est très bien, on se reverra dans
deux jours. .
Immédiatement après son départ, elle
s'assoit et se trouve stupide d'avoir refusé cette invitation. D'autant plus
que cela ne l'engageait à rien. Pourtant, elle croyait que Paul insisterait.
Mais hélas.
Il n'était que vingt heures
lorsqu'Hélène décide de prendre un bain chaud, afin de se détendre. Avant de se
rendre au deuxième, elle ferme toutes les portes à clés. De cette façon, elle
se sentira en sécurité. Son bain terminé, elle reste vêtue de sa robe de
chambre et descend prendre un café.
Un sentiment étrange s'empare d'elle.
Elle sent une présence dans la maison. C'est comme si quelqu'un est tout près
d'elle. Elle allonge ses bras, mais... personne ne semble être là. Elle
continue à boire son café mais ce sentiment d'être surveillé est toujours là.
"Je dois me faire des idées. Pourtant, j'ai fermé les portes".
Voulant s'en assurer, elle retourne et les vérifie. Elle constate, qu'elles
sont bien verrouillées.
Hélène retourne s'asseoir et continue
à boire son café. Elle commence à se sentir étourdie et à s'endormir. Avec
peine, elle se rend à la cuisine vérifier si c'est vraiment du café qu'elle
s'est faite. Hélène constate effectivement, qu'elle ne s'était pas trompée.
Pourtant, elle se sent comme sous l'effet de médicaments.
Enfin, elle ne sent plus cette
présence près d'elle. Elle ressent plutôt de l'indifférence. Hélène n'a plus
peur de rien. Comme elle se sent endormie, elle décide de monter se coucher.
Péniblement, elle monte les marches. Hélène est chancelante comme si elle avait
consommé de la boisson. Finalement, elle se rend à son lit, puis s'y laisse
tomber. Sa tête tourne, même que cet effet lui est agréable.
Elle est à peine étendue, qu'elle
entend des voix venant du salon. Elle se lève et en se tenant sur les murs du
corridor, elle se rend jusqu'aux marches. Une voix de femme et d'homme se font
entendre. Elle est certaine de reconnaître celle de Pierre. Comme ils semblent
avoir du plaisir. Elle est persuadée, qu'ils font l'amour, mais avec qui?
-Pierre.. Pierre est-ce toi?
Personne ne répond, mais ils
continuent à rire et à avoir du plaisir. Elle décide de descendre les marches
en se tenant bien solidement sur la rampe. Rendue au bas de l'escalier, elle se
dirige vers le divan où proviennent les voix. Hélène le scrute de ses mains,
mais ne touche personne. Soudain, les voix se taisent.
-C'est toi Pierre? demande-t-elle.
Toujours pas de réponse. Hélène a même
l'impression d'humer un parfum venant caresser ses narines. Pourtant, elle
n'entend plus les voix et ne sent plus de présence dans la maison. Se sentant
épuisée, elle décide de monter se coucher et ne se réveille que le lendemain
matin, fraîche et reposée.
Toutefois, elle pense à ce qui s'est
passé la veille. Elle ne sait pas si elle a rêvé ou si cela est vrai.
Instinctivement, elle se rend vérifier s'il lui manque des médicaments. Le
compte est là. "C'est étrange! J'avais l'impression d'avoir pris une tasse
de café contenant des médicaments". Tout cela m'apparaît très vague ce
matin. "Je peux bien avoir rêvé à cela". Pourtant, elle se souvient
de son bain et de s'être fait un café, puis tout devient nébuleux. "Je
crois que je serais mieux de consulter mon médecin". Soudain, le téléphone
sonne. Elle va répondre et c'est sa mère.
-Où étais-tu hier, vers 21heures30? Je
t'ai téléphoné et tu n'as pas répondu.
Ne voulant pas inquiéter sa mère, elle
lui dit tout simplement :
-Je me suis couchée très tôt et j'ai
pris un somnifère. Je n'ai même pas entendu sonner.
-Veux-tu que j'aille passer l'avant-midi
avec toi?
-Nadia doit arriver d'une minute à
l'autre avec les enfants et j'aimerais passer tout mon temps avec eux. Si tu
veux, tu peux venir cet après-midi.
-D'accord, je passerai un peu plus
tard.
Très ponctuelle, Nadia arrive avec les
enfants aussitôt la conversation terminée.
Comme prévu, Hélène téléphone son
médecin et lui demande un rendez-vous pour ce matin. Suite à la confirmation,
elle se rend le voir en compagnie de Nadia. Elle lui raconte ce qui lui est
arrivé, tout en voulant savoir si le coup qu'elle a reçu peut produire des
effets de la sorte.
-D'après les examens que nous t'avions
passés, il n'y a rien de semblable qui puisse t'arriver. Si tu veux, nous pouvons
t'en faire passer d'autres.
Hélène veut en être certaine et
accepte la proposition. Ne prenant aucune chance, il demande qu'elle aille
immédiatement à l'hôpital. Quelques heures après, il lui dit que tout est
normal et qu'il n'y avait aucune possibilité que cette réaction soit due à la
chute.
-Je pense tout simplement, que tu as
fait un cauchemar ou encore que tu es très épuisée. Il faut te reposer
davantage!
Contente, Hélène accepte l'explication
de son médecin. "Pourtant, la façon dont les événements se sont déroulés,
je doute que ce soit qu'un rêve. Donc, si cela ne résulte pas de ma chute,
seulement deux explications sont possibles. Soit se sont les médicaments ou bien
qu'il y avait bel et bien quelqu'un dans la maison"!
Cet avant-midi passa très rapidement
et Hélène n'eut pas le temps de le passer avec ses enfants. Après leur départ,
Hélène se retrouve seule. Même si elle ne voit rien, elle regarde partout comme
si elle voulait vérifier qu'elle était vraiment seule. Elle se rend compte, que
cette histoire l'a bouleversée profondément. Même si elle soupçonne que cela
peut être l'effet secondaire des médicaments, il y a un petit détail qui
l'agace. Soudain, on frappe à la porte. "Mais maman est en avance".
pense-t-elle. Elle lui crie d'entrer, mais personne n'entre. Elle se dirige
vers la porte et l'ouvre.
-C'est toi, Maman?
Elle n'entend personne.
-Il y a quelqu'un?
Craintive, elle n'entend toujours
rien. Hélène referme la porte tout en se disant "Bon sang, j'ai pourtant
entendu frapper! Est-ce que je deviens folle"? Plus ça va, plus elle se
sent angoissée. La peur l'envahit. Ses yeux affolés et son visage crispé ne
mentent pas. "Il faut me calmer avant l'arrivée de ma mère! Elle sera très
inquiète. Surtout, je ne pourrai plus rester seule ici". On frappe encore
à la porte. Cette fois, elle sait que c'est sa mère. En frappant, elle ouvre la
porte et dit :
-Bonjour chérie, c'est moi.
Comme toujours, Hélène a droit à une
série de questions. Elle voudrait tout savoir même si ce n'est qu'une habitude
de les demander. Hélène a envie de lui raconter ce qui lui est arrivé, mais
elle n'ose pas. Elle fait de grands efforts pour paraître calme et sereine.
Mais sa mère n'est pas dupe.
-Tu sembles inquiète ma chérie!
-Ce n'est rien. J'ai passé l'avant-midi
avec les enfants et je me sens fatigué.
-Tu devrais venir te reposer
chez-nous. Cela n'a pas de sens que tu demeures ici dans cet état.
-Maman, je ne suis plus un enfant! Tu
devras t'y habituer.
-Je le sais, je le sais, mais quand-même...
Je suis trop inquiète.
Sa mère aimerait bien lui dire, que la
monture de son cheval avait été coupée. Si elle le savait, elle n'oserait pas
rester ici seule. Madame Forest garde le secret. Même si elle n'est pas
d'accord avec sa fille, elle finit par lui dire :
-Si c'est ce que tu veux, je
respecterai ton choix. N'oublie pas, tu peux me contacter n'importe quand.
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