Premier Épisode.
Le Mariage
Assise au pied de l'autel, Hélène attend celui qu'elle a choisi pour mari.
Elle est radieuse dans sa grande robe blanche. Avec son chapeau recouvert de dentelle laissant ainsi apercevoir ses longs cheveux bruns tressés, qui lui
couvrent une partie de ses épaules.
Grande et bien proportionnée, Hélène est splendide avec ses grands yeux bleus et son petit nez. Elle est rayonnante de joie.
Elle se tourne la tête lentement pour vérifier si Pierre, son futur arrive mais elle ne le voit toujours pas.
Pensive, elle se demande ce qui lui est arrivé.
J'espère qu'il n'a pas eu d'accident. Mes jambes qui ne cessent de trembler et mon coeur bat la chamade. Bon sang! Que se passe-t-il Pierre devrait être
déjà arrivé. J'espère qu'il n'a pas eu la trouille à la dernière minute...
Puis ses yeux reprennent leur éclat quand soudain, elle sent des mains se poser sur ses épaules.
Il s'approche d'elle et lui murmure à l'oreille
-Bonjour chérie, comme tu es resplendissante!
Pierre prend place à côté d'elle. Il porte un toxedo blanc qui, avec ses cinq pieds et sept pouces et ses cent quarante livres, lui donne l'allure d'un
homme en plein contrôle. Avec ses cheveux courts très noirs, ses yeux bruns foncés n'ont jamais autant été mis en valeur!
il lui prend la main et remarque qu'elle est un peu moite. Il s'approche d'elle et lui dit
-Tu sembles nerveuse. J'espère que tu ne regrettes pas...
--Pas du tout. Tu m'as donné la trouille. Je pensais que tu avais changé d'idée.
Il la regarde droit dans les yeux en lui disant passionnément.
-Pour rien au monde je n'aurais manqué ce moment.
Plusieurs centaines d'amis, sont assis et attendent, comme eux, que la cérémonie commence. Puis, le prêtre fait son entrée.
-Bonjour mes chères frères et soeurs, dit-il. Nous sommes réunis aujourd'hui dans cette petite chapelle pour unir ce couple ici présent. Selon leur
désir, nous ferons cette cérémonie aussi simple que possible. Comme d'habitude, nous débuterons avec la messe eucharistique et nous terminerons avec celle
du mariage. Je crois bien que Pierre et Hélène ont tous deux hâte à ce moment. Veuillez donc vous lever.
La cérémonie débute à peine, lorsqu'ils sombrent tous deux dans des pensées profondes.
Hélène se voit assise sur son cheval de plastique et voit son père prendre plaisir à la pousser. Ses cheveux volent au vent et elle aime voir son père rire
aux éclats. Elle se souvient que ses parents semblaient s'aimer tellement. Sa mère, qui n'était jamais loin, répétait sans cesse
-Chéri, ne la pousse pas trop vite! Tu vas lui faire peur.
-Mais non, répliquait-il, elle deviendra une championne. Regarde, elle chevauche ce cheval comme une professionnelle. Tu verras, bientôt elle pourra monter
Princesse seule.
Déjà à sept ans Hélène était grande et mince. Elle se souvient de cette époque, puisque ses parents possédaient des chevaux dressés pour des parcours d'obstacles
et de vitesse. Princesse était la toute dernière venue et son père voulait que ce soit Hélène qui la monte. Après beaucoup d'efforts, elle réussit. Elle
n'oubliera jamais la joie et la fierté qu'elle vit dans les yeux de son père à ce moment-là.
Un jour, comme d'habitude, son père se trouvait devant le cheval et le guidait. Sa mère elle, se trouvait à côté d'eux et donnait à Hélène toutes sortes
de conseils.
-Tiens-toi bien droite. Tiens bien les guides. Souris et regardes droit devant toi. Très bien, c'est très bien, répétait-elle.
Soudain, son père lâcha les guides et Hélène continua à diriger Princesse seule. Elle était si contente, qu'en se retournant, Hélène vit ses parents s'embrasser.
A ce moment, elle entendit son père
-Tu vois, elle deviendra une grande championne.
Hélène aimait tant voir ses parents heureux en semble. Elle se souvient de leur avoir demandé comment ils faisaient pour être si heureux.
-C'est très simple, dirent-ils. Notre bonheur, nous le devons à trois principes. L'honnêteté, la fidélité et le courage. Là est la clé de notre bonheur.
Ne l'oublie jamais.
Hélène avait à peine dix-sept ans lorsqu'elle se préparait à quitter ses parents pour la première fois. Elle s'était inscrite à l'université. Elle était
triste et en faisant le tour du jardin, des larmes coulaient sur ses joues. Elle avait l'impression qu'elle ne reverrait plus cette maison dans la quelle,
elle avait habité depuis sa naissance. Son regard s'arrêtait sur les longues haies de fleurs tout en se souvenant des fois, que cet endroit lui servait
à se cacher. Aussi, elle se souvint que sa mère venait souvent la chercher là, tout en suivant le long des haies avec le sourire aux lèvres et en criant
son nom
-Hélène... Hélène... Où es-tu
Puis en se retournant très vite, elle disait en souriant
-Je t'ai trouvée, viens vite chérie, le dîner va refroidir.
-J'arrive maman.
Hélène longeait cette haie tout en regardant l'immense maison de style très ancien en pierres des champs. Elle apercevait la fenêtre de sa chambre au deuxième
étage. En se tournant vers la gauche, elle voyait l’écurie où vivaient les quatre chevaux de course, ainsi que Princesse. Ce soir-là, à sa grande surprise
elle entendit des cris venant de tous côtés. Ses parents avaient invité tous ses amis à venir célébrer son départ. Ce fut une soirée splendide qui lui
fit oublier son chagrin.
Hélène revient au présent momentanément, mais après quelques minutes, elle y sombre de nouveau. Cette fois, elle se retrouve en présence de Pierre pour
la première fois. Elle était à sa dernière année universitaire pour compléter sa thèse en criminologie chez les adolescents. Elle avait pris rendez-vous
avec un finissant de la faculté de droit, pour s'assurer que ses données étaient véridiques. Pierre avait été mandaté pour répondre à ses questions. Il
était au rendez-vous en (jeans), assorti d'un chandail à col roulé.
Sur la table se trouvait entassé plusieurs livres à demi-ouverts et il était assis, feuilletant un bouquin. Déjà, il avait l'allure d'un grand avocat et
paraissait très confiant. Elle le regarda brièvement, son coeur battait la chamade. Timidement, elle s'avança puis d'une voix tremblante lui dit
-Bonjour Pierre, je suis Hélène.
-Ah bon te voilà finalement. Je pensais que tu, t'étais perdue.
Il lui fit un petit sourire moqueur.
-Non... non dit-elle d’une voix tremblante. Il... Il... y a un moment que je suis arrivée mais tu semblais tellement plongé dans tes livres que je n'osais
pas te déranger.
-Très bien, si tu n'as pas d'objection nous allons commencer immédiatement car je dois partir dans une heure.
Elle était sur le point de le quitter et il ne lui avait manifesté aucun intérêt, ce qui l'avait choquée un peu. Mais soudainement, en se retournant, il
lui dit, d’une voix paisible
-Peut-on se revoir?
Elle en avait envie. D'une voix hésitante, dit
-Bien... bien... oui, je pense que ce serait possible.
-Penses-tu que ce soir pour souper, cela serait possible? Je connais un bon petit restaurant pas très loin d'ici.
Hélène fait semblant de regarder ailleurs tout en hésitant un moment, puis se tourne vers lui.
-D'accord pour le souper. Vers 19 heures, ça ira.
Tout en entendant le prêtre réciter certaines paroles, Pierre lui de son côté, pense à l'avenir. Il ce voit installé dans une grande maison à deux étages,
des vitres à carreaux recouvrent les fenêtres et de chaque côté de l'entrée, deux grosses têtes de lion sont placées sur des pilers en ciment.
à l'intérieur, la cuisine et le salon ouvert, un grand escalier en spirale pour se rendre aux chambres vient garnir le tout. Son bureau se trouve juste
en bas de l'escalier du même côté que la porte d'entrée. Aussi à l’extérieur, un jardin rempli de fleurs vient embellir ce domaine.
Il se voit déjà père de deux enfants; un garçon et une fille. Hélène quittera son emploi pour s'occuper de leur domaine et prendre soin des enfants. Il
se voit donnant des réceptions. Parmi les invités de la classe bourgeoise, se trouvent, bien entendu, ses confrères de travail; des avocats, des juges
et des politiciens. Il se fait une joie de leur présenter Hélène. Il parait tellement fier d'elle. Il la trouve resplendissante dans sa robe spécialement
conçue pour cette soirée. Il est fier de se promener à son bras. Il se plaît même à dire que cette charmante épouse lui a donné deux beaux enfants, qui
seront, eux aussi, avocats.
Ambitieux, Pierre veut devenir juge et il est prêt à tout pour y arriver. D'ailleurs, il se voit déjà portant la toge du magistrat. Pierre se souvient des
paroles que son père lui disait.
-N'oublies pas mon garçon, il ne faut pas être trop sentimental si tu veux réussir.
Soudain, ils se rendent compte que le prêtre a terminé la messe et la cérémonie du mariage est sur le point de commencer. Le prêtre descend les marches
qui les séparent et s'approche d'eux.
-Nous sommes tous réunis ici afin d'assister à l'union de ce couple. Donc, si vous le voulez, nous allons débuter la cérémonie.
-Pierre, veux-tu prendre Hélène ici présente pour épouse, lui promettre amour et fidélité jusqu'à ce que la mort vous sépare?
D'un ton certain et sans hésitation, il dit:
-Oui, je le veux.
-Hélène, veux-tu prendre Pierre ici présent pour époux, lui promettre amour et fidélité jusqu'à ce que la mort vous sépare?
D'une voix timide et sincère, dit:
-Oui, je le veux.
-Je vous déclare mari et femme. Vous pouvez vous embrasser.
Pierre l'enlace et lui donne un long baiser. Les gens frappent des mains en guise de félicitations. Après la signature dans le registre paroissial, ils
se retournent pour entreprendre la marche nuptiale. La chorale entame l'air de cette marche et les nouveaux mariés descendent l'allée bras dessus, bras
dessous. Hélène essaie de contenir ses larmes de joie qui ternissent un peu son maquillage. Avec un contrôle impeccable, Pierre sourit à peine. Même s'il est heureux,
il est difficile de le percevoir. On croirait même que c'est une cérémonie comme tant d'autres.
Dehors, il fait très beau. Le soleil se couche et une petite brise chaude vient caresser leur corps trop habillé. Mais cérémonie oblige. Les amis se rangent
au tour des mariés. Pierre et Hélène reçoivent des baisers de tous et chacun. Finalement, après plusieurs poignées de mains, ils s'avancent vers leur voiture
rouge décapotable et prennent place à l'arrière. Elle se blottit contre lui, laisse tomber sa tête contre son épaule et dit:
-Enfin, nous sommes mariés! Comme j'avais hâte à ce moment. Ne t'en fais pas, je vais te rendre heureux.
-Je suis l'homme le plus heureux du monde. Tu sais chérie, j'aimerais tellement qu'il n'y ait pas de soirée en notre honneur. Ainsi nous pourrions filer
tout droit à l'hôtel. J'ai tellement envie de te faire l'amour. Il y a si longtemps que j'attends ce moment. La soirée me paraîtra interminable.
-J'ai aussi hâte et tu ne perds rien pour attendre. Je suis à toi pour toute la vie.
-Je le sais, mais ces heures me paraîtront infinies.
Elle lui donne un baiser en guise de compréhension. Au même moment, la voiture se met en marche.
Comme, il est de coutume que le cortège passe devant la maison de la mariée avant de se rendre à la soirée, le chauffeur se dirige donc tout droit vers
la route pour se rendre chez Hélène. Elle demeure à la campagne et à cette heure, on peut apercevoir le coucher du soleil à travers les arbres des montagnes.
La voiture sillonne la route et on entend klaxonner de tous côtés.
Au bout de quelques kilomètres, la voiture emprunte un tournant et se dirige vers la demeure de la mariée. De chaque côté du chemin, on aperçoit de grands
arbres et d'immenses domaines viennent embellir le décor.
Ils ont de la difficulté à s'entendre parler tellement les klaxons résonnent fort dans les montagnes. Soudain, elle voit la tête de Pierre se pencher
sur ses genoux.
-Relèves-toi, lui dit Hélène. Que fais-tu, mais tu es fou...
Elle lui prend la main et la place sur son épaule pour le relever croyant qu'il lui jouait un tour. Elle sent sa main toute humide puis la laisse retomber
aussitôt et se met à crier sans arrêt.
-Chauffeur arrêtez, arrêtez! Je crois que Pierre est blessé. Mon Dieu, arrêtez cette voiture!
La voiture s'immobilise, puis le chauffeur ouvre la portière et s'aperçoit que Pierre saigne abondamment.
-Une ambulance, une ambulance! crie-t-il.
En un rien de temps, la voiture est entourée de gens. Hélène pétrifiée, crie sans cesse.
-Pierre, Pierre, réponds-moi.
Elle pleure et n'entend pas sa mère auprès d'elle, qui lui demande de sortir de la voiture.
-Viens Hélène, essaies de te glisser. Viens ma chérie, l'ambulance arrivera d'un instant à l'autre.
Elle réussit à sortir de la voiture et se cache le visage pour ne pas voir son amoureux dans cet état. Les mains recouvertes de sang, Hélène s'écroule finalement
par terre. L'ambulance est déjà sur les lieux. Pierre a été atteint par un projectile près du coeur. Les ambulanciers l'installent dans l'ambulance et
repartent immédiatement vers l'hôpital.
-Pierre, où es-tu crie Hélène, lorsqu'elle reprend conscience.
Sa mère lui explique qu'il est déjà parti avec les ambulanciers.
-Ne t'en fais pas. lui dit-elle, tout ira bien maintenant.
-Vite, conduis moi au-près de lui.
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