VOIR AVEC LES YEUX DU CŒUR

Préface (page 2)

Et malgré toutes ces démarches, malgré tous les obstacles retrouvés sur sa route, il est revenu de Cuba avec le sourire aux lèvres. Il était fier d'avoir tenté l'expérience, d'être allé au bout de ses aspirations. N'est-ce pas là, la réelle victoire? N'est-ce pas une partie de la guérison?

Certes, Réginald n'a pas retrouvé la vue comme par miracle, mais le traitement reçu à Cuba lui permet aujourd'hui de distinguer des ombres lui qui vivait auparavant dans l'obscurité la plus complète.

Grâce à cet infirme petit cadeau de la Providence, il est maintenan davantage autonome dans son travail comme dans ses loisirs. N'est-ce pas la preuve que ce traitement valait la peine d'être testé? N'est-il pa évident que les agences gouvernementales et les services de santé du Canada avaient tort de condamner sans raison ce traitement si indispensable à ceux qui ne voient plus Malgré tout, il ne faut pas se surprendre face à de tels comportements car ce ne sont malheureusement pas les fonctionnaires qui doivent vivre dans la noirceur totale ou subir la discrimination de façon régulièrement. Sinon, croyez-moi, les choses changeraient de façon drastique.

Le plus aberrant, c'est que l'on s'est permis de condamner le traitement dispensé à Cuba, alors que les autorités canadiennes ne connaissaient aucunement ce qui se passait là-bas. Incroyable! Et c'est encore une fois les plus démunis qui doivent payer le prix, qui doivent plus souvent qu'autrement se résigner à vivre dans la noirceur, faute d support et de ressources financières.

Pour Réginald Arseneau, toutefois, les choses se sont passée différemment. En effet, il n'a pas voulu perdre cette lueur d'espoir qu'animait son être. Il n'a pas abandonné l'idée de retrouver la vue un jour. Il n'a jamais voulu être dépendant de son entourage Non, tout au long de sa vie, il a lutté pour son autonomie, pour le droits tant nécessaires aux personnes handicapées. Toute sa vie, il s'est battu pour le bien, s'opposant à ces géants que l'on appelle communément les gouvernements. Et pourtant, tel David, il saura défier Goliath, il saura faire un pied de nez aux gouvernements afin de leur faire prendre conscience qu'ils n'ont pas toujours la vérité absolue.

Et c'est en caressant cette mince victoire qu'il savourera son café. Assis confortablement sur le patio de sa demeure de Robertville, il contemplera pendant des heures la lune qui scintille dans le ciel de juin. Heureux d'être en mesure de revoir cette lueur après tant d'années de noirceur, il rêvera longtemps aux visages de sa bien-aimée et de sa fille unique.

Réjean Roy Président / Directeur général École de rédaction Artexte

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