Épilogue

Le 14 février 1949 naissait le quatrième d’une famille de huit enfants. A ce moment, personne ne s’aperçut que ce petit garçon aux beaux yeux bleus allait être victime de l’hérédité. Non, personne ne pouvait prévoir qu’il perdrait l’usage de la vue à cause de la rétinite pigmentaire. Ces yeux très bleus cachaient une surprise terrifiante!

En écrivant ce livre, j’ai voulu vous faire comprendre l’importance de vivre sa vie pleinement car personne ne connaît son destin et personne ne mérite de finir ses jours dans la noirceur. Toutefois, on ne peut empêcher l’hérédité de faire ses victimes. Mais si cela doit arriver, il ne sert à rien de s’apitoyer sur son sort et de cesser de vivre. Il nous faut donc nous ajuster à ces handicaps. C’est ainsi que l’on découvre des petits secrets ou des forces non exploitées. Ces mécanismes de défense nous permettent de nous épanouir et de grandir malgré tout Au contraire, si on persiste à pleurer sur notre sort, on ne peut que vivre une vie très malheureuse en sombrant dans des phases dépressives. Même avec la bonne volonté des autres, la personne handicapée ne pourra jamais trouver un certain bonheur s’il ne prend pas en charge lui-même le gouvernail de son bateau.

J’espère que ce témoignage vous aura permis de comprendre que même si on ne voit pas, on peut mener une vie tout à fait normale et être très heureux. Il suffit d’utiliser les moyens qui nous permettent de devenir le plus indépendant possible. Il faut mettre fin à ces préjugés à l’égard des aveugles. Bien entendu, il y aura toujours des aveugles qui diront qu’ils font pitié et qui chercheront à se faire prendre en pitié, mais je ne suis pas un de ceux-là. Si j’ai réussi à m’en sortir, c’est justement parce que les gens qui m’entourent m’ont traité comme une personne égale aux autres.

Durant ces années, j’ai réalisé que notre pire ennemi est souvent nous-mêmes. Ainsi, lorsqu’il nous arrive certaines difficultés, il est toujours plus facile de mettre l’emphase sur l’aspect négatif et d’oublier que chaque épreuve a quand même des côtés positifs. Dans de telles circonstances, on voit sans rien voir. Dans le cas qui me concerne, mon handicap m’a permis de voir les gens par ce qu’ils dégagent et non par leur apparence physique. Aussi, j’ai appris à effectuer presque tous mes travaux professionnels et ménagers sans dépendre du sens de la vue.

Au cours des dernières années, j’ai également pu remarquer que les gens qui n’étaient pas heureux avec eux-mêmes se sentaient très mal à l’aise avec des personnes handicapées. Au lieu d’exprimer leurs sentiments, ils cherchaient plutôt à lancer des méchancetés à notre égard ou encore à nous fuir.

En terminant, voici comment je perçois le monde des personnes« handicapées. Depuis plusieurs années, plusieurs services ont été mis à] la disposition des handicapés visuels afin de faciliter leur accès à l’indépendance. Il n’en demeure pas  moins que la technologie ne remplacera jamais le bonheur de voir les lacs, les rivières, les forêts, les gens avec leur sourire ou encore les différentes couleurs qui existent. Le| fait de ne pas être considéré comme un être à part entière par certaines personnes me laisse songeur. J’espère que quelqu’un, quelque part,trouvera enfin le moyen de donner le sens de la vue à ceux qui ne voient plus. Même si vous rencontrez de plus en plus de personnes malvoyantes t qui travaillent qui pratiquent certains sports et qui semblent mener une vie normale, il n’en demeure pas moins que personne n’accepte d’êtrehandicapé. Nous avons tout simplement appris à vivre avec notre handicap, rien de plus!

 

Eh bien oui, mon maître aimerait recevoir un commentaire!

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