VOIR AVEC LES YEUX DU CŒUR

Un rêve une réalitée

Chapitre 1 (page1)

A dix-sept ans, j'ai réalisé mon rêve d'enfance. Je m'enrôlai donc dans les Forces armées canadiennes, soit dans le premier Royal vingt-deuxième régiment. Enfin, j'allais porter cet uniforme qui m'avait tant fait rêver. Mon père avait passé quelques années dans l'armée et je m'émerveillais toujours lorsqu'il nous parlait de ses aventures. Même s'il n'était plus dans l'armée, j'enviais son air assuré, sa discipline, son autorité et sa douceur.

Souvent, lorsque j'étais seul, je me voyais déjà dans l'armée, en charge d'un groupe de soldats. Je me voyais debout face à tous ces hommes, lesquels exécutaient tous mes ordres. Leur Uniforme se composait d'un manteau rouge avec des boutons argent, de pantalons noirs, de botines très rigide et brillantes comme un miroir, d'une grosse ceinture blanche et d'un étui argenté dans lequel se trouvait une baillonnette d'environ une dizaine de pouces. Celle-ci reposait, sur le côté gauche, juste en arrière de la hanche. Pour compléter le tout, la tête était recouverte d'un grand chapeau en poil noir qui recouvrait une partie des yeux. Cet habit me donnait de l'assurance et je sentais mes yeux briller à la vue de ce digne uniforme. Tous les soldats, alignés sur trois rangées, se tenaient bien droits avec leur fusil, la crosse posée au sol et le canon pointant vers le ciel. J'entendais déjà la musique venant de la fanfare qui se dirigeait vers nous. Une voix du tonnerre dirigeait le tout. Ce que je frémissais!

Je me réveillais toujours à ce moment pour réaliser que ce n'était qu'un rêve. J'avais déjà quitté l'école et je travaillais comme journalier en attendant mes dix-sept ans. Je ne voulais pas parler de ce rêve à qui que ce soit car je savais que mon père s'y opposerait. Ce fut d'ailleurs le cas pour le plus âgé de mes frères. Mais une chose était certaine; moi, je ne reculerais pas.

Il ne restait que quelques semaines avant que j'atteigne l'âge requis et j'avais follement envie d'en parler à mes parents. Que j'avais peur qu'ils s'opposent à mon choix. Je décidai donc de leur faire la surprise. Pendant plusieurs semaines, je consacrai tout mon temps libre à me préparer pour l'entrevue des forces armées.

Comment atteindre en si peu de temps cette image idéale du soldat? Je répétais donc dans ma tête des dizaines de fois mon entrée au bureau de recrutement. Je me voyais marcher, les épaules très droites, d'un pas assuré et j'avais même pratiqué ma voix pour qu'elle soit plus grave et plus ferme. En revisant ce scénario, tout me semblait à point. J'avais dix-sept ans. Je mesurais cinq pieds et sept pouces et je pesais 127 livres.

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