VOIR AVEC LES YEUX DU CŒUR

Victime de descrimination

Chapitre 7 (page 1)

En 1981, je terminai mes études à l'université avec un Baccalauriat en service social et j'en étais très fier. Je pourrais désormais consacrer mon temps à aider les gens qui souffrent. Le fait de terminer avec succès ce programme de formation me comblait. Bien entendu, le fait que je sois allé chercher mon diplôme avec mon chien-guide ne passa pas inaperçu.

 On pourrait croire qu'obtenir un degré universitaire fut une expérience relativement facile. Laissez-moi vous dire que j'ai dû faire face à une foule de difficultés.

 La mobilité fut un problème de taille pendant les premières années. Puis, lors d'un cours de psychologie, je dus faire face à la discrimination. Le psychologue aurait dû être le premier à être sensibilisé aux difficultés que je rencontrais. A ma grande surprise, j'appris que tel n'était pas le cas. Lorsque vinrent les examens, je demandai au professeur s'il pouvait me poser les questions orales ou avec une cassette. Il me répondit bien clairement:

Ce n'est pas mon problème si tu ne voies pas. Et si tu ne peux pas lire toi-même les questions d'examen, et bien je ne peux rien pour t'aider.

J'essayai de négocier avec lui, mais il ne voulut rien entendre. Je fis donc appel au personnel administratif. On me trouva quelqu'un pour me lire les questions orales alors que j'écrivais les réponses sur une feuille avec l'aide d'un guide.

Bien entendu, il se passa de nombreux petits incidents de la sorte. Celui qui m'a le plus faché remonte à ma dernière année d'Université. Je devais alors faire un stage de quatre mois en service social. Que j'ai dû subir des humiliations avant de trouver un endroit pour faire ce stage!

 Pendant mes trois premières années universitaires, on nous avait répété qu'on nous formait pour aider des gens dans le besoin. Les politiques sociales émises précisaient que nous devions nous assurer que ces gens reçoivent au moins le minimum de services. Je me rendis vite compte que, en théorie, tout était beau. En pratique, ce l'était beaucoup moins.

 J'étais enfin convaincu qu'il y avait beaucoup d'incohérence dans le système. Ainsi, lors d'une rencontre avec une directrice d'hôpital, j'appris qu'on acceptait habituellement de trois à quatre stagiaires par année. A ma grande surprise, la directrice était très mal à l'aise en ma présence. Elle refusa ma candidature en me disant qu'ils ne prenaient personne comme stagiaire cette année. Au cours des mois qui suivirent, j'appris que cette agence avait encore embauché trois stagiaires.

Je fus également humilié par une agence de services sociaux. J'ai ensuite appris qu'eux aussi avaient accepté certains de mes confrères de classe. Heureusement j'ai rencontré une agence qui ne voyait pas en moi une personne handicapée. Bien au contraire, on jugea que mon handicap était un atout pour aider les clients. Le fait que je ne voyais pas m'empêcherait de juger les clients selon leur apparence physique. C'est ce qui arrive souvent durant les évaluations de cas et on souhaitait à tout prix éviter cette situation.

 Je fis donc mon stage dans le domaine de la santé mentale où j'acquis beaucoup de connaissances. Les années qui suivirent furent consacrées entièrement à ce domaine. J'eus d'ailleurs la chance d'y travailler pendant sept années.

Je me rendis vite compte que même s'il existait une charte des droits de la personne, les handicapés sont très souvent victimes de discrimination.

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