Voir avec les yeux du cœur

Chapitre 15

La chirurgie

La fin de semaine se déroula assez bien et nous fûmes rapidement rendus au lundi matin. Je savais que je devais être à jeûn et je n’attendais plus qu’on vienne me donner un tranquilisant avant la chirurgie. Je faisais les cent pas dans la chambre et j’attendais toujours. Il était midi et je commençais à avoir faim. Vers treize heures, une infirmière vint me chercher et me demanda de la suivre. J’étais certain que quelque chose ne tournait pas rond car je n’avais rien eu pour me détendre. Je la suivis donc dans la salle pré-opératoire.

Ils commencèrent donc les préparatifs nécessaires à la chirurgie. J’étais couché sur un lit une aiguille dans le bras, prêt à recevoir l’anesthésie. Il faisait très froid dans cette salle et je grelottais. On me donna donc une couverture qui fut très appréciée. Soudain, je sentis que quelqu’un poussait le lit roulant et je me rendis compte que les spécialistes m’entouraient. Toujours pas de calmant. Ils commencèrent par me mettre du liquide dans les yeux, puis je commençai à entendre les gens parler comme s’ils s’éloignaient de moi. Je tombai soudain endormi, car je ne me rappelle que la fin de l’opération. Je sentis une grande douleur dans l’oeil gauche comme si on m’avait enfoncé une aiguille dedans. Je me préparai donc pour recevoir la même chose dans l’autre oeil, mais ils devaient l’avoir déjà fait car je ne sentis plus rien.

Cette chirurgie dura deux heures. Bien entendu, je ne ressentais plus rien. Selon mon épouse, lorsque je ressortis de cette salle, j’étais assis sur la civière, un bandage aux yeux, et je souriais comme jamais auparavant! Cela ne dura que quelques minutes car je tombai à nouveau endormi. Je ne me réveillai que quelques heures plus tard.

J’avais un mal de tête terrible et une envie de vomir. Les trois jours qui ont suivi cette chirurgie furent pénibles. Lors de la troisième journée, je n’en pouvais plus et je demandai aux infirmières qu’ils changent mes pansements. Cette demande me fut accordée. Quel soulagement lorsqu’ils enlevèrent les pansements! Je ne pouvais même pas ouvrir mes yeux tellement c’était sensible. Lorsqu’ils placèrent les nouveaux pansements, la douleur disparut assez rapidement.

Les jours qui suivirent me permirent de récupérer mes forces.

L’équipe de spécialistes s’était déjà prononcée sur les résultats de cette opération. Ils avaient, bien entendu, remarqué dé sévères dommages à la macula, mais ils étaient très satisfaits de leur intervention. En principe, ils avaient réussi à stabiliser la maladie puis avaient réussi à déboucher des canaux dans d’oeil gauche ce qui, à leur avis, allait redonner de la vie à cet oeil. En ce qui concerne le degré de vision, ils ne pouvaient pas se prononcer. J’étais déjà comblé de constater qu’ils étaient certains d’avoir réussi à redonner de la vie à mon oeil. Mais je constatai assez rapidement qu’ils avaient réussi à me donner un peu plus que cela.

Un jour que je portais encore mes bandages et que j’allais au traitement d’électro-stimulation, lorsque je mis les pieds sur le patio, le soleil m’éblouit tellement que je dus porter mes deux mains devant mes yeux afin de les cacher de cette lumière très éblouissante. Je me mis donc à trembler de joie, tout en éprouvant une certaine peur. Je ne peux pas décrire ce que je ressentis à ce moment.

 

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