Voir avec les yeux du cœur

Les premiers examens (page 2 )

J’avais pourtant appris que j’allais recevoir un traitement d’électrostimulation plusieurs mois avant mon voyage à Cuba. Le moment tant redouté arriva. On nous conduisit donc, mon épouse et moi, au bureau où se pratiquait le traitement. Nous suivîmes donc un corridor, puis nous tournâmes vers la droite et passâmes à travers un patio où étaient placées des chaises longues qui se trouvaient à l’abri du vent. Il faisait très chaud.

L’infirmière qui nous guidait nous expliqua que nous pourrions venir prendre du soleil lorsque le traitement serait terminé. Elle poursuivit ensuite son chemin et s’arrête en face d’un bureau fortement achalandé. Dehors, une vingtaine de personnes attendaient, assises le long d’un corridor. Nous étions bel et bien rendus à destination, mais je compris alors qu’il nous faudrait faire preuve de patience.

Eh oui, nous dûmes attendre quatre heures avant d’être admis dans la salle de traitement. J’imagine que l’attente aurait été moins pénible si les gens avaient parlé le français ou même l’anglais. Ils parlaient plutôt l’espagnol et l’allemand, ce qui nous mettait les nerfs en boule. Je ne réussis malgré tout à démêler l’allemand et l’espagnol même si j’avais déjà séjourné en Allemagne avec l’armée. Je ne comprenais quand même rien à ce qu’ils disaient. Ils avaient l’air très joyeux. Mon épouse, fatiguée d’attendre, passa son temps à me décrire les gens qui étaient assis à côté de nous ainsi que ceux qui sortaient de la salie de traitement. Personne ne semblait souffrir. Finalement, nous nous retrouvâmes seuls et nous continuâmes de regarder d’un côté puis de l’autr pour surmonter cette attente interminable qui nous ’irritait. Enfin, mon heure sonna!

 Lorsque le traitement fut terminé, je m’avouai que j’avais eu bien plus de peur que de mal. Je reçus donc ce traitement à tous les jours pendant vingt et un jours. J’avais l’impression de recevoir de petites piqûres lorsque je recevais ces chocs électriques. De plus, je pensais toujours que ce n’était qu’une machine et qu’elle pouvait très bien se détraquer un jour ou l’autre et me blesser. Surtout que cette machine était maniée par des Cubains et que ceux-ci détestaient les Américains. Étant Canadien, j’étais convaincu qu’il ne faudrait pas grand chose pour qu’on m’électrocute.

Afin de chasser ces mauvaises pensées, je mis en pratique certaines techniques de relaxation que j’avais jadis enseignées à mes clients. Je finis donc par me raisonner et, après quelques jours, ce traitement devint naturel et routinier. Surtout que je savais ce que ces chocs pouvaient m’apporter! En fait, ils avaient pour fonction de faciliter la circulation de la vitamine qui m’était administrée et de stimuler la rétine.

Que je fus content lorsque cette journée fut enfin terminée! C’était vraiment stressant. Surtout que les traitements ne se terminaient que vers tes dix-neuf heures! En fait j’arrivais dans la chambre tout juste à temps pour souper et j’avais une faim de loup! Mais, à chaque fois qu’on venait me porter le souper, une senteur d’ail terrifiante se dégageait du plateau et me coupait l’appétit. Je me contentais alors de goûter et de choisir ce que je pouvais absorber. J’éliminai la plus grande partie du repas car, comme patate, on nous servait des bananes frites. J’aime bien tes bananes, mais pas lorsqu’elles sont frites. Je me contentai donc de boire un jus d’orange et de goûter quelques légumes.

 

  • Retour au début du site!

  • Suivant