Voir avec les yeux du cœur

Chapitre 14

Les premiers examens

Le lendemain matin, après le déjeuner, on me demanda d’aller passer différents examens physiques qui durèrent toute l’avant-midî. Mon épouse et moi profitâmes de ces moments pour visiter les lieux. Tout était nouveau pour nous. Moi, je ne voyais pas, mais mon épouse me faisait une description assez détaillée de tout ce qu’elle voyait.

Je n’eus toutefois pas de problème à sentir l’odeur d’ail qui se dégageait du premier étage, ni la senteur laissée par les voitures lorsque nous étions près des sorties, ni l’arôme des fruits frais. En fait, les gens semblaient vivre de façon très détendue. Alors que nous marchions dans un des corridors, j’entendis une clochette sonner. Immédiatement, je sentis mon épouse me tirer vers le côté. Elle m’expliqua que c’était une bicyclette qui venait de passer à toute vitesse. Eh bien oui, c’était le livreur de journaux qui entrait à toute allure! Nous remarquâmes par la suite qu’il effectuait une entrée tout aussi spectaculaire à tous les matins. Il entrait toujours dans l’hôpital en bicyclette et ça faisait partie de leur coutume.

Après avoir visité certains coins de cet hôpital, nous décidâmes d’aller prendre une petite marche dehors. La température s’y prêtait bien car il faisait très chaud et on sentait une douce brise qui entrait par les fenêtres ouvertes. Dehors, je pouvais sentir différentes odeurs venant de partout et j’entendais une multitude de bruits. En fait, j’entendais les gens du pays qui travaillaient sur la construction de maisons et d’autres bruits qui provenaient d’un garage.

Mon épouse me confirma effectivement qu’il y avait un grand chantier de construction juste en avant de nous, soit à côté d’un petit garage. Elle me décrivit aussi l’allure des bâtiments tous construits de pierres et de ciment.

 

Elle était fascinée par tout ce qu’elle voyait. Non seulement tes bâtiments étaient-ils différente des nôtres, mais les voitures, elles aussi, étaient différentes. C’étaient de vraies antiquités. Il était très rare de voir une voiture neuve. Nous fîmes donc une visite très courte, car nous avions peur de nous éloigner de l’établissement.

 

L’après-midi fut consacrée entièrement aux visites subséquentes des ophtalmologistes. Je fus donc soumis à une batterie de tests, mais ils se rendirent vite compte que je ne percevais plus les lumières et que mes yeux ne réagissaient à aucune lumière. Ils furent donc forcés de poursuivre les examens un peu plus loin en utilisant d’autres appareils plus sophistiqués.

Ils poursuivirent donc leur évaluation en me mettant des gouttes, puis en me faisant regarder dans différents appareils. Le tout se répéta pendant quatre jours. Je ne comprenais plus rien. Plusieurs autres patients, qui étaient arrivés en même temps que moi, avaient déjà reçu leur chirurgie et ils se promenaient avec leur bandeau aux yeux. Je devins de plus en plus nerveux et déçu. Pour moi, tout ce cirque voulait dire qu’il n’était sans doute pas nécessaire de poursuivre le traitement. Mais tant et aussi longtemps qu’ils continueraient à me passer ces examens, tout n’était pas perdu. Je repris donc espoir lorsque le professeur m’invita à commencer tous les traitements préparatoires à la chirurgie.

 

  • Retour au début du site!

  • Suivant