VOIR AVEC LES YEUX DU CŒUR

Chapitre 11 (page 1)

Épuisement professionnel

J’ai déjà connu une période dépressive tors de ma première année d’université, car je devais lutter contre un système mis en place pour les voyants. Je me rappelle très bien qu’à chaque fois que je faisais le trajet entre ma demeure et l’université, je passais en dessous d’un arbre qui se trouvait à côté du trottoir et qui était à l’abri des maisons. En regardant ses branches déployées, l’idée de me suicider me vint à l’esprit. Au début, j’avais très peur de penser à cela car je ne voulais pas que ça arrive. Mais au bout de quelques semaines, j’avais tout planifié. Vous savez, lorsque vos idées convergent dans cette direction, vous ne pensez plus qu’à vous-même.

Je me rappelle que je voyais la délivrance que j’apporterais à mon épouse, à mes amis, à mes parents et à ma famille. Moi, j’avais envie de vivre. Pourtant, en regardant l’avenir qui se présentait à moi, je trouvais inacceptable de faire souffrir mes proches pour le reste de mes jours. J’eus beau chercher des solutions à ce problème, la seule qui me revenait toujours, c’était la pendaison.

A chaque fois que je passais dans cette rue et que je voyais cet arbre, je m’arrêtais et je pensais à ces paroles terrifiantes que l’on m’avait déjà dites. -«Tu veux de l’assistance financière, c’est pourquoi tu fais croire à tout le monde que tu vas perdre la vision.»

-«Penses-tu que le gouvernement va payer les études à un handicapé?» «Tu serais bien mieux de rester chez toi et tu recevrais un chèque à tous les mois!» «Tu ne pourras jamais réussir à terminer tes études. Regarde, il y a plusieurs voyants qui ne réussissent même pas».

Ces phrases tournaient et retournaient dans ma tête. Ayant toujours été perfectionniste, je ne pouvais pas accepter un échec et encore

moins rater mes études. Je me rendis compte que j’avais entrepris un grand projet, celui de réussir tout en étant aveugle.

Comme par hasard, un jour, je décidai de suivre une autre route pour me rendre à l’université et j’ai gardé cette habitude. Je me rendis compte que mes idées suicidaires étaient moins prononcées et qu’elles devenaient moins fréquentes. Enfin, un beau jour, je me rendis compte que je ne voulais plus me suicider. Je repassai donc par le même chemin et je regardai cet arbre qui ne me disait plus rien. Ce que j’étais content de voir que j’étais libéré de ce sentiment! Je vis renaître en moi des sentiments positifs comme la possibilité de rendre mes proches heureux et je compris que je pouvais avoir un autre avenir

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