C'était très long d'attendre toute une année pour revivre cette expérience. Je commençai donc à songer à une façon pour conduire plus souvent. Les courses automobile furent pour moi un défi que je voulais relever. Il devint réalité lorsque je décidai de faire une piste de course près de chez moi et de monter ma propre voiture de course. Les gens trouvèrent mon idée stupide, mais la curiosité les conduisit chez moi. Ils vinrent me voir conduire et, au fur et à mesure, ils montèrent leur propre voiture de course. Après quelques semaines à peine, nous organisîmes des courses de voiture à tous les dimanches. Nous pratiquâmes ce sport pendant deux années consécutives mais, comme cela demandait toute une organisation, nous cessâmes de pratiquer ce sport.
Pour les personnes qui ne savent pas comment un aveugle peut conduire une voiture de course, voici comment cela se déroule. Étant donné que certains handicapés visuels ont encore un certain degré de vision, tous les conducteurs doivent porter un bandeau sur les yeux. Le pilote s'occupe de la conduite de l'auto, tandis que le co-pilote le guide en lui disant d'aller à gauche, à droite, etc. Aussi, en plus de le guider, il règle la vitesse en lui demandant de freiner ou d'accélérer. C'est ce qu'on appelle la stratégie. Bien entendu, il a eu de petits accrochages entre les voitures, mais nous étions toujours prêts à recommencer.
J'ai toujours ma voiture de course et je compte bien recommencer la conduite un jour. En attendant, je pratique un autre sport qui ne demande pas de co-pilote. En effet, sur le terrain situé en arrière de ma maison, j'ai coupé du bois pour me faire une clairière en prenant soin de ne laisser qu'un arbre en plein milieu. Celui-là était coupé à environ cinq pieds du sol. Un câble d'acier d'une longueur de cinquante pieds y avait été suspendu. En attachant le bout du câble au ski de ma motoneige, je peux conduire en toute sécurité. Je ne dois mettre qu'une légère pression vers l'extérieur pour m'assurer que je ne rentre pas à l'intérieur. De cette façon, le câble est toujours à son maximum. Pour ma part, je m'amuse en faisant le tour en motoneige. L'avantage, c'est que je peux la conduire moi-même quand je le veux. Pas besoin de co-pilote. Pas besoin de surveillance. Je me rend de plus en plus compte que je suis un mordu du risque.
Ouff! Ouff! Ouff!
Me revoilà, je connais bien la Fondation Mira.
Je suis né là et j’ai bien vu que c’est une École très sérieuse et compétante. Ils ne forment pas tous les chiens difficiles comme moi! Moi on peut dire que je suis une exception!
Vous savez, cette Fondation est la première a avoir donné des chiens à de jeunes enfants aveugles. Aussi elle est la première école de chiens-guides française au Canada.
Comme tout progresse, mon maître me dit souvent qu’il préférait cette école il y a une dizaine années passées. D’après lui au début c’était plutôt comme une vocation tandis que maintenant c’est devenu comme une entreprise. Que c’est malheureux, car mon maître semblait adorer cette école.Le progrès n’a pas toujours la bonne solution!