Voir avec les yeux du coeur

Nouvelle espoir

Chapitre 12

Au début, j’ai parlé des difficultés auxquelles un handicapé visuel doit faire face. Il y a cependant plusieurs choses qui se passent dans l’être humain après un malheur qui font qu’il découvre des forces qu’il n’avait pas avant, ou qu’il n’avait jamais su exploiter.

Pour ma part, depuis que j’ai perdu la vue, je me suis efforcé de toujours marcher avec le soleil en face et non avec le soleil dans le dos. C’est-à-dire que je ne dis jamais que je ne peux pas faire telle ou telle chose avant de l’essayer. Bien entendu, pour cela, il faut que je mette mon handicap derrière moi et celui-ci n’a qu’à me suivre. J’ai appris au fil des années qu’il ne servait à rien de s’apitoyer sur son sort. Cela ne fait qu’amplifier les problèmes et aucun effort n’est mis pour trouver des solutions.

La rétinite pigmentaire est une maladie héréditaire qui s’attaque à bien des gens car elle est connue comme la deuxième cause de cécité au Canada. Il s’agit d’un manque de vitamine A, à l’oeil, il s’ensuit donc une dégénération de la vue. Il y a une vingtaine de sortes de rétinites pigmentaires. Certaines d’entre elles conduisent tout simplement à une cécité complète et c’est cette maladie dont j’ai hérité.

   Jusqu’à  vingt ans, je voyais quand même très bien, sauf en certaines occasions. Mais, à partir de ce moment, je voyais partir la chance de pouvoir continuer à utiliser ce sens qui m’était si précieux. L’espoir de voir à nouveau un jour ne. m’était jamais venu à l’idée, jusqu’au jour où je reçus une petite lettre d’une amie de mon épouse. Elle incluait un article qui avait été pris dans un journal et qui disait que depuis 1987, à Cuba, on traitait la rétinite pigmentaire.

Bien entendu, je sentis naître en moi une lueur d’espoir. Je revins cependant sur terre et commençai à me poser des questions. Qu’est-ce que Cuba peut nous apporter, à nous, supposément les plus éduqués au monde? Si les États-Unis ne peuvent rien faire pour cette maladie, eh bien, comment Cuba peut-il en faire davantage? Je pensai à cela pendant quelques jours et, finalement il n’était pas question que je ne fasse pas au moins les recherches.

Je me mis donc à essayer de trouver quelqu’un qui pourrait au moins me dire si ce traitement existait vraiment et s’il semblait efficace. Personne au Canada ne semblait savoir de quoi je parlais. Je contactai donc le Consulat de Cuba qui m’expliqua que ce pays, depuis plusieurs années, avait fait beaucoup de découvertes en médecine et qu’on avait formé un ministère du Tourisme et de la Santé. Ils visaient à traiter les gens tout en leur faisant profiter de la détente qu’apportent les vacances. Cette agence avait aussi en sa possession un document écrit sur le traitement offert. Je fis donc venir ce document pour vérifier si ça en valait la peine.

Lorsque je reçus ce document, je fus surpris de constater que l’on parlait d’une chirurgie aux yeux, d’une oxygénation du sang, d’une stimulation électrique à la rétine et d’une série d’injections de vitamine. Ce traitement me parut superbe étant donné que tous les spécialistes de l’Amérique du nord ont toujours dit qu’il n’y avait aucun traitement existant. Jusqu’à présent, certains pays avaient essayé, par différentes techniques, de cesser la progression de la maladie, mais les résultats variaient pour chaque individu. Ils promettaient, eux, de stabiliser la maladie. Ils ont stabilisé la progression de cent pour cent des cas qui ont reçu le traitement et, dans la majeure partie des cas, les handicapés ont retrouvé jusqu’à 80 pour cent de vision. Vous savez, ce traitement commençait drôlement à m’intéresser.

 

  • Retour au début du site!

  • Suivant