Voir avec les yeux du coeur

Chapitre 19 (page 3)

Le deuxième traitementOn prit soin de m’aviser qu’il était normal de perdre un peu de vision pendant quelques jours car l’intervention se trouvait directement dans les yeux. Mais alors que les yeux guériraient, je devais retrouver le même degré de vision qu’avant la chirurgie. Peut-être même un peu plus, ne sait-on jamais! Je réalisai donc que ce qu’ils avaient prédit arrivait tel quel.

Nous remarquâmes également qu’ils avaient amélioré leur technique. Cette fois-ci, avant de se présenter dans la salle d’opération, ils m’administrèrent un sédatif qui fit l’effet attendu. Vers six heures du matin, je reçus une injection et, à partir de ce moment-là, je n’eus plus d’inquiétude. Ils auraient pu me dire qu’ils allaient me couper la tête et j’aurais ri de cela. Le temps ne comptait plus.

Ce matin-là, ils se sont servis d’une civière pour me transporter. Rendu dans la salle d’opération, j’entendis Danny parler. Elle était elle aussi sous l’effet des drogues et elle semblait s’en foutre éperdument. Je commençai donc à bavarder avec elle et je peux maintenant dire que j’en perdais des bouts. Je me rappelle que Catty m’a parlé et m’a souhaité bonne chance. Elle était là afin de s’assurer que le médecin ait tout mis en marche pour filmer l’intervention.

La seule chose que je me rappelle, c’est lorsque j’étais dans la salle de réveil. J’avais mal au dos. Je compris après quelques jours pourquoi j’avais eu si mal. J’étais demeuré couché sur cette civière jusqu’à quinze heures. Mon épouse me raconta qu’elle avait fait plusieurs centaines de pas car j’étais parti depuis huit heures. Elle pensait que quelque chose de malencontreux s’était passé. Elle s’était même imaginé le pire!

Les infirmières qui étaient à l’étage se rendirent bien compte que quelque chose n’allait pas avec mon épouse. Ainsi, elles cherchèrent à lui faire comprendre que tout allait très bien, mais en vain. Son visage était tout rouge et elles craignaient pour elle. Elles vinrent prendre sa pression souvent et lui dirent de se calmer, mais mon épouse trouvait cette attente interminable.

Soudain, elle me vit sortir de l’ascenseur dans une chaise roulante. J’étais tout souriant! J’étais encore sous l’effet de l’anesthésie et j’étais au septième ciel. Ce n’est que quelques jours plus tard qu’elle réussit à me parler de cette affreuse expérience. Au son de sa voix, je me rendis compte comme elle avait été inquiète.

Les jours qui suivirent passèrent tellement bien que je n’ai même pas eu de douleur, ni aux yeux ni à la tête. Comme il se devait, ils changèrent le pansement après le troisième jour. J’eus alors le temps d’ouvrir les yeux pour constater que je voyais encore tes lumières. Ce que j’étais content! Je n’avais pas perdu ce que j’avais acquis auparavant.

Comme je n’eus aucune complication, nous pûmes profiter des moments libres pour prendre des marches au centre-ville et pour profiter de la merveilleuse température et des plages ensoleillées. Le tout se passa tellement vite que nous préparions déjà nos valises pour amorcer notre retour dès le lendemain matin. Eh bien oui, nous devions quitter l’hôpital à cinq heures du matin pour prendre l’avion vers les sept heures. Cette dernière soirée fut assez occupée. Plusieurs patients vinrent nous dire aurevoir et Danny choisit de passer la soirée avec nous.

Elle était triste de nous voir partir car, non seulement nous étions devenus des amis, elle en était seulement à son premier traitement et elle devait rester à l’hôpital pour une autre semaine. Nous nous étions également liés d’amitié avec le personnel de l’hôpital. Ainsi, ils vinrent à tour de rôle nous donner une bise d’adieu. Nous fûmes touchés lorsque trois infirmières vinrent nous remettre une lettre traduite en français grâce au dictionnaire qu’elles nous avaient emprunté.

 

  • Retour au début du site!

  • Chapitre 20!