Chapitre 18

De retour à Cuba

Ça faisait déjà huit mois que nous étions revenus chez nous et le moment d’une réévaluation arrivait à grands pas. Nous passâmes donc quelques jours à songer à effectuer un autre séjour à Cuba pour une chirurgie au niveau de la vision centrale. Bien entendu, nous dûmes ignorer les commentaires négatifs de l’Association de la rétine pigmentaire qui ne favorisait nullement cette intervention. Aussi, nous dûmes ne pas tenir compte des critiques de certains ophtalmologistes. Ces derniers mois nous avaient permis de nous rendre compte que nous ne pouvions compter que sur notre propre jugement.

Même si le pronostic nous laissait croire qu’il y avait très peu d’espoir, nous tirâmes à la conclusion que je ne devais pas renoncer à cette chance. Toutefois, si je ne recouvrais pas d’autres degrés de vision, je permettrai peut-être à la science d’avancer. Nous décidâmes donc d’entreprendre les démarches nécessaires en vue d’un autre séjour à Cuba. Les préparatifs nous demandèrent donc quelques mois de travail avant que tout soit prêt.

Nous fûmes encore une fois confrontés à certaines difficultés, dont le problème de communication. Toutefois, nous nous réconfortâmes à l’idée que nous ne devions rester à Cuba que pour deux semaines. Nous comprenions maintenant bien des mots en espagnol, ce qui allait nous faciliter la tâche.

Contrairement au premier voyage, tout se passa extrêmement bien. Le voyage en avion se fit en douce et nous en profitâmes pour nous remémorer notre dernier voyage. Nous nous mîmes à rire de nous mêmes. Si quelqu’un avait filmé notre arrivée à Cuba quelques mois auparavant, cela aurait pu faire un drôle de vidéo. L’expression de notre visage aurait pu en dire long. Nous faisions penser à des gens qui n’étaient jamais sortis de chez eux tellement nous avions eu peur.

Cette fois, une seule chose nous inquiétait un peu; c’est que nous ne retournions plus au même hôpital, mais plutôt dans un hôpital spécialement construit pour les gens atteints de la rétine pigmentaire. Soudain, nous nous aperçûmes que l’avion amorçait déjà la descente. Comme lors de notre premier voyage, nous devions atterrir à Varendéros (Ville touristique de Cuba) puis, après une heure d’attente, nous devions repartir pour la capitale de Cuba, la Havane. Il ne nous fallut pas plus d’une vingtaine de minutes de vol avant de toucher le sol.

Nous étions enfin rendus à destination. En descendant de l’avion, une chaleur humide nous envahit, bien qu’il était déjà vingt heures et que le soleil n’était plus de la partie. Cette fois, nous étions plusieurs personnes à attendre pour passer aux douanes. Nous ne ressentions aucune peur, car nous savions que si les douaniers paraissaient très sévères, ils étaient quand même fiers de recevoir des visiteurs. Finalement, nous atteignîmes les porte-bagages avec anxiété. Nous souhaitions bien pouvoir retrouver nos deux valises qui contenaient tout notre linge. Ce que nous fûmes soulagés de les voir venir sur un petit chariot!

 

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