VOIR AVEC LES YEUX DU CŒUR

Nouvelle carrière

Chapitre 2(page 1)

Après avoir servi les Forces armées canadiennes pendant quatre années, je commençai à travailler dans les mines. En effet j'exerçai le métier de mineur, sous terre s'il-vous-plaît.

Dans ce petit coin de la province du Nouveau-Brunswick, il y avait deux mines spécialisées dans l'extraction de l'or, du cuivre et du zinc. J'eus donc la chance de travailler dans ces deux mines. Je travaillai d'abord deux ans à la mine Brunswick et à ce moment-là, j'éprouvais déjà de plus en plus de difficultés avec ma vision.

Comme mineur travaillant sous terre, je devais avoir une bonne vision car nous n'étions éclairés que par une petite lampe à batteries suspendue à notre casque protecteur. Souvent, il m'arrivait de ne pas voir tout ce qui passait devant moi. Je trébuchais aussi fréquemment sur des objets qui se trouvaient à mes pieds. C'était très dangereux, surtout que, dans les mines, il y a des ouvertures très profondes. Une petite distraction de ma part aurait pu mettre fin à ma vie puisque les trous les moins profonds avaient une profondeur de quatre cents pieds.

Je travaillai dans ces mines pendant quatre ans. La dernière année, ma vision diminua et je crus tout simplement que j'avais besoin de lunettes. Un jour, en marchant à mon lieu de travail, j'eus toute une surprise. En effet, je tombai dans un trou qui avait une profondeur de neuf cents soixante quinze pieds. Heureusement, je fus saisi par un câble d'acier de trois huitièmes de pouce qui s'était enroulé autour de mes deux jambes. Je m'accrochai fermement et je grimpai à grande vitesse le long du câble puisque je glissais toujours vers le bas. Rendu au bord du trou, je m'asseyai tout en tremblant de peur. Il faisait très noir car, sous l'impact j'avais perdu la lampe sur mon chapeau protecteur. A partir de cet instant-là, je me promis de faire beaucoup plus attention.

Je ne sais pas pourquoi, mais j'eus honte de moi et je n'osai pas raconter mon aventure à personne. Pourtant, ce n'était pas de ma faute. Aujourd'hui, je sais que j'ai toujours eu un problème avec mon champ de vision. Et lorsqu'il m'arrivait de ne pas voir des objets, je faisais croire aux gens que je l'avais fait exprès. Et lorsque je me faisais mal, je ne voulais rien laisser paraître. Il m'est également souvent arrivé de faire croire aux gens que j'étais distrait. Je pense que c'est pour cette raison que j'avais honte de moi.

Quelques mois plus tard, je frôlai la mort une fois de plus. Je marchais en portant sur mon épaule, une machine pour creuser des trous. Encore une fois, je ne vis pas le trou. En tombant, je m'agrippai à cette machine dont les extrémités touchaient les deux côtés du trou. Ainsi suspendu dans le vide, je me débattis pour retrouver la terre ferme. Je remontai lentement et cette fois, je décidai d'aller consulter un spécialiste pour les yeux.

Ce ne fut cependant pas la seule raison qui me poussa à aller chercher de l'aide. J'avais remarqué que j'avais de plus en plus de difficultés à conduire ma voiture et que je devais redoubler de prudence.Lorsqu'il pleuvait ou lorsqu'il tombait de la neige, je ne distinguais plus les fossés. Que j'en ai cherché des excuses pour justifier ma maladresse à mes collègues de travail!

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